Une Wallonie tétanisée par la N-VA

Les Francophones ont tellement peur de la N-VA qu’ils se refusent toute réflexion sur leur propre avenir.

Le ministre-président flamand est-il simplement invité à donner son point de vue sur l’opportunité de rédiger une Constitution flamande que les partis francophones se réfugient dans leurs tranchées derrière leurs sacs de sable institutionnels.

Frileux

Pourtant, une Constitution Wallonne est en chantier depuis… 1993. Autour de l’Institut Jules Destrée, un premier texte a été élaboré (1997). A l’époque, avec les soubresauts des affaires Dutroux et Agusta-Dassault, les priorités étaient ailleurs, le texte jugé trop peu mobilisateur et surtout la crainte d’un grand marchandage institutionnel avec la Flandre avaient calmé les ardeurs wallonnes.

La Flandre n’était évidemment pas en reste et mettait en chantier son propre texte fondamental (1996) sous la houlette du ministre-président Luc Vandenbrande. Nouvelle tentative au début du XXI ème siècle, Kris Peeters remettait l’ouvrage sur le métier tandis qu’un nouveau texte était déposé au Parlement Wallon (2006).

La N-VA ne pesait alors guère dans le débat politique, mais chacun s’est limité à déposer des textes, de craindre d’ouvrir la boîte de Pandore institutionnelle. La " peur d’aller trop loin " a sans doute retenu tout le monde.

Côté wallon, la présidence Di Rupo aura aussi contribué à " ringardiser " l’aile wallonne des Van Cau, Happart et consort… désormais également embarrassés par d’autres casseroles. C’était l’époque où le président du PS faisait l’éloge de la " Nation Francophone " chère à … Jean Gol.

L’épouvantail N-VA

Les crises institutionnelles profondes de 2007-08 et de 2010-11 avec la N-VA au centre des débats auront finalement contribué à pétrifier tout débat sur la question. Très prudent, Geert Bourgeois aligne quelques généralités de bon aloi sur l’intérêt d’un texte-référence où une entité fédérée (comme un land allemand, un canton suisse ou un état US) pourrait préciser ses valeurs et c’est de suite la panique, la lampe rouge clignotante et la sirène dans les rangs des partis wallons !

L’échec de la Sixième Réforme de l’Etat (au sens où elle était censée faire reculer la N-VA) est manifestement passé par là. Aucune discussion publique n’est désormais plus possible. Tous sont tétanisés par la N-VA.

Il est vrai aussi que les partis francophones se tortillent beaucoup pour savoir comment articuler Régions et Fédération Wallonie-Bruxelles. Les premières disposent de beaucoup plus de compétences et les défenseurs de la seconde comptent capitaliser sur le symbole d’union qu’elle représente encore.

Comme d’habitude, les partis francophones n’ont pas de projet d’avenir ou plutôt ne savent pas quelle direction prendre. Il suffit de voir les chamailleries entre les partisans des deux institutions sur la simple organisation des travaux parlementaires entre Namur et Bruxelles pour saisir les atermoiements des Wallons et des Bruxellois.

Loin de ces querelles picrocholines, la Flandre avance, omettant bien de préciser si son ambition de Constitution évoque la " région " flamande (les 5 provinces du Nord) ou la Communauté englobant de facto Bruxelles.

Une Constitution est généralement liée à un territoire. Puisse Wallons et Bruxellois ne pas le comprendre trop tard… comme d’habitude.

 

@PhWalkowiak

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