"Une vie entre deux océans", le retour du drame romantique

Alicia Vikander et Michaël Fassbender dans "A light between oceans"
Alicia Vikander et Michaël Fassbender dans "A light between oceans" - © DR

Elle est LA star qui monte à Hollywood. La jeune actrice suédoise Alicia Vikander, lauréate de l’Oscar du meilleur second rôle cette année pour "The Danish Girl", était à l’affiche de "Jason Bourne" cet été, et on la retrouve cette année dans "A light between oceans", l’adaptation d’un best-seller de la romancière australienne Margot Steadman.

Le film nous plonge en Australie, juste après la Première Guerre mondiale. Tom (Michaël Fassbender), soldat rentré au pays, traumatisé par son expérience, accepte un poste de gardien de phare sur une île reculée. Lors de ses brefs séjours sur le continent, il noue une idylle avec Isabel (Alicia Vikander) qui devient sa femme. Revenu sur l’île, le couple essaye de fonder une famille, mais Alicia est victime de deux fausses couches. La jeune femme est désespérée, jusqu’au jour où une barque, rescapée d’un naufrage, échoue sur l’île. A son bord, un homme mort et un bébé, bien vivant, lui ! Isabel convainc Tom d’adopter en secret l’enfant et de leur faire passer pour le leur…

Le cinéaste Derek Cianfrance adore le mélodrame : avec "Blue Valentine", il l’avait prouvé avec brio grâce à cette love story avec Ryan Gosling et Michelle Williams. Cette fois, il se lance dans un drame rétro avec beaucoup d’atouts de son côté : un duo de stars charismatique, une photo sublime, des paysages romanesques, une intrigue solide… Il parvient ainsi à redonner un nouveau souffle à un genre, le drame romantique, un peu tombé en désuétude aujourd’hui. C’est un genre délicat, qui peut flirter dangereusement avec le ridicule, mais quand c’est réussi, c’est du vrai cinéma. "Une vie entre deux océans" devrait ravir ceux qui ont aimé "Le patient anglais" et les fresques de cette trempe.

Réparer les vivants

La réalisatrice française Katell Quillévéré avait conquis tout le monde avec son drame "Suzanne" il y a deux ans. Elle revient avec un projet ambitieux : l’adaptation d’un roman très coté de Maylis de Kerangal, "Réparer les vivants". Le sujet du livre, c’est l’histoire d’un cœur : celui d’un bel adolescent victime d’un accident de voiture. Plongé dans un coma végétatif, mort clinique, l’adolescent pourrait sauver une vie avec son cœur qui bat encore. Les médecins plaident auprès de ses parents pour qu’ils acceptent le don d’organe… Pendant ce temps-là, une femme d’âge mûr, épuisée par un cœur malade, attend à Paris la greffe providentielle.

Quillévéré ne choisit pas la solution de facilité – à savoir une voix off qui reprendrait des phrases du livre – mais cherche un style visuel qui pourrait transmettre la poésie littéraire du roman. Sa recherche n’est pas vaine, et pourtant, le film déçoit car, par pudeur, sa caméra reste assez distante des personnages. Résultat, on n’éprouve aucune empathie particulière pour les protagonistes, qu’il s’agisse du  "donateur" ou de la "bénéficiaire" du cœur. Le processus du passage est bien décrit, mais de manière trop clinique pour émouvoir. Dommage.

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