Une part significative de Jambon

Le  "vice-Premier ministre et ministre de la Sécurité et de l'Intérieur, chargé de la Régie des bâtiments" (appellation officielle certifiée, AOC) persiste et signe: pour lui, il y a bien une part "significative" de musulmans qui ont "dansé" après les attentats du 22 mars. Malaise dans la classe politique, jusque dans la majorité.

Belang

Jan Jambon précise même qu’il n’a pas à prouver ce qu’il dit; il le sait et ça suffit.

L’homme est un habitué. A peine en fonction, il déclarait: "Les gens qui ont collaboré avec les Allemands avaient leurs raisons." Déjà à l’époque (octobre 2014), il regrette l’exploitation de ses propos. Il aurait pu presque dire: "Une part significative des nationalistes flamands justifie la collaboration…"

Il en sera de même lorsqu’il affirmera vouloir "nettoyer Molenbeek".

A chaque fois, le chef de file nationaliste au fédéral entend exprimer ce que son électorat pense tout bas… Et de jeter un œil du côté du Vlaams Belang.

Aux élections de mai 2014, le succès des nationalistes est essentiellement dû à un transfert de voix massif en provenance du Vlaams Belang, la N-VA est alors à 32,4%, le VB à 5,8%; lors de notre dernier baromètre, les nationalistes chutent à 25,6% et l’extrême-droite remonte à 12,4% la baisse de l’un correspond à la hausse de l’autre.

Rupture

Jan Jambon reste également fidèle à la ligne directrice de son parti, affirmant son identité, sa singularité face aux autres. C’est "eux" contre "nous", les "immigrés" face aux "citoyens de souche", comme les "Flamands" face aux "Wallons", aux "francophones", les "patrons" opposés aux "syndicalistes", voire le bon peuple face aux élites. La N-VA s’est construite dans cette logique. Les accommodements, le consensus, très peu pour elle. Or, la participation au pouvoir implique des concessions.

Les dernières déclarations de Jan Jambon ont indisposé jusqu’au CD&V et à l’Open VLD. Au MR, on se limite à la sentence façon roi Salomon de Charles Michel: ni "amalgame", ni "angélisme", se refusant de prendre des distances avec les propos du ministre nationaliste. Chez les libéraux francophones, on a dû noter que le ministre de la Sécurité (appellation officielle exigée par la N-VA bien avant les attentats) figure dans le top 5 des personnalités les plus populaires à Bruxelles et en Wallonie, où il devance même Paul Magnette.

Une part significative de l’électorat pense très certainement comme Jan Jambon… De quoi pérenniser sa présence au gouvernement.

@PhWalkowiak

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK