Une Belgique électorale éparpillée… façon puzzle

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

Bien sûr ce n’est qu’un sondage… Mais ce baromètre vient grosso modo confirmer les tendances observées grandeur nature lors des élections communales et provinciales d’octobre dernier : les « vieux » partis de pouvoir sanctionnés au profit des verts et de l’extrême-gauche, un nationalisme bien ancré en Flandre avec des vases communicants entre une N-VA (quasi-) incontournable et un Belang en regain.

Eclatement

En Wallonie, il n’y aurait donc plus aucun parti au-delà de 25%, ce qui constituerait une première historique. Cela permettait aussi de constituer des majorités plus facilement.

Pour la première fois également, la gauche « non-socialiste » dépasserait largement le PS. Les socialistes, pourtant au plus bas de leur histoire, semblent en mesure de garder la main en restant en tête même si une alliance Ecolo-MR-cdH demeure arithmétiquement réalisable.

En fait, avec un tel résultat, les écologistes peuvent se permettre de choisir leurs alliés. L’éparpillement des voix ouvre beaucoup de possibles…

A l’analyse de ce sondage, le MR paraît le plus sanctionné, enregistrant l’un des reculs les plus sévères de son histoire. Si cela devait se confirmer, on ne manquerait pas d’y voir la sanction par les urnes de sa participation au pouvoir. La Suédoise serait alors bien kamikaze. La différence de popularité entre Charles Michel et Didier Reynders tant à Bruxelles qu’en Wallonie est un élément dans ce sens.

Mais finalement, ce sont les trois familles politiques traditionnellement liées au pouvoir qui seraient sanctionnées : le PS au plus bas de son histoire, le MR lourdement sanctionné et le cdH à peine au-dessus de la ligne de flottaison. Un changement d’époque…

La Flandre décidera

Il paraît acquis que la N-VA restera le premier parti à la Chambre, même si Ecolo et Groen tenteront de/espèrent prétendre le contraire. Surtout, les nationalistes risquent bel et bien de garder la main sur la constitution du gouvernement flamand. Pour l’éviter, il faudrait que quatre formations s’allient. La N-VA sera alors en position de force et pourra choisir ses partenaires. Avec le CD & V et l’Open VLD comme aujourd’hui ? Avec les libéraux et socialistes comme à Anvers, Courtrai ou Hasselt ? Et ainsi tenter de marginaliser le CD & V… ?

Il restera alors à mettre tout ce petit monde autour d’une même table. Avec la N-VA premier parti, les socialistes première famille, les écologistes triomphants, les libéraux meurtris, CD & V et cdH à la croisée des chemins et des communistes quasi aussi forts qu’au sortir de la Seconde Guerre, cela s’annonce… euh… compliqué ! Un puzzle incertain.

Il restera aussi à confirmer ce baromètre dans les urnes le mois prochain.

 

@PhWalkowiak

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