Une année 2021 sans carnavals dans la région du Centre…

La ville de Binche l’a annoncé ce matin. Les autres communes de la région vont suivre. C’était attendu, c’était prévisible. Il aurait été inimaginable d’organiser des carnavals dans le contexte de pandémie du moment. C’est un choix logique et indispensable.

Dans le même temps, pour tous les amoureux du folklore, c’est un crève-cœur. Comme partout ailleurs dans le monde, dans la région du Centre, ses carnavals sont le moment fort de l’année. Avec un personnage-clé, le roi comme on le dit à Binche, le gille. Pour tout gille, pour tous les amoureux du folklore très très nombreux dans cette région coincée entre Mons et Charleroi, le carnaval est un rendez-vous incontournable.

Il permet à chacun de retrouver ses amis, ses copains et de partager des moments de convivialité et de fraternité. Dans la région du Centre, il y a des carnavals et des sociétés de gilles partout. Mais aussi des sociétés de fantaisie. Et tous font vivre le folklore et le Carnaval.

Dans la région du Centre, on trouve des gilles à Binche, La Louvière, Chapelle-lez-Herlaimont, Morlanwelz, Manage ou Estinnes, les carnavals les plus connus mais aussi dans de petites communes ou villages comme Haulchin, Carnières, Bracquegnies, La Hestre ou Anderlues et j’en passe. En tout, on dénombre au moins 5000 gilles dans la région. Et aujourd’hui, même s’ils s’y attendaient, ils ont une petite larme à l’œil.

Les retombées économiques

Outre l’aspect festif, un carnaval a aussi d’importantes retombées économiques. Pour les cafetiers bien sûr. Leur résultat de l’année dépend prioritairement du carnaval et des soumonces qui précèdent le carnaval.

On peut aussi songer à tous ces commerces qui en profitent aussi comme les restaurants, les vendeurs de pizzas et de hamburgers, les marchands de confettis ou de déguisements pour les enfants. Et j’en passe.

On peut aussi penser aux louageurs. Il y a en a quatre dans la région du Centre. Un costume de gille ne s’achète pas. Il se loue à un louageur. Sans eux, plus de carnavals. Et cette année, ils ne loueront pas un seul costume, pas un seul chapeau. On peut aussi songer à ces personnes, couturières ou stylistes, qui confectionnent chaque année des costumes de fantaisie pour le Dimanche-Gras à Binche ou pour les soumonces ailleurs. Cette année, rien au programme.

Les retombées pour la vie sociale

Un carnaval, cela se prépare toute l’année. Si vous rencontrez un gille qu’il soit de La Louvière, de Binche ou de Manage, si vous le lancez sur le sujet, c’est parti pour des heures. Il vous parle de ses souvenirs, du plaisir procuré et souvent indescriptible et de ses attentes pour le prochain.

Un carnaval, c’est aussi une vie associative. Des sociétés de gilles, ce sont des groupes de gens qui se côtoient, qui se rencontrent tout au long de l’année et qui, sans le folklore, ne se verraient peut-être pas, ne se connaîtraient sans doute pas. En tout cas, pas de la même manière.

Imaginez de petites communes comme Haulchin dans l’entité d’Estinnes. Dans cette commune de 1000 habitants, il y a 3 sociétés de gilles pour 1000 habitants. Le folklore y entretient une vraie vie sociale.

L’avenir

Pas de carnavals cette année était la meilleure des mesures à prendre. La seule possible. Et dans la région du Centre, on prépare déjà les carnavals de 2022 en croisant les doigts. Rappelons que l’arrêt des carnavals n’a eu lieu que durant les guerres. Mais comme le dit la devise de Binche, "Plus Oultre", il faut aller au-delà et comme on le danse et le chante à La Louvière, Mitant des Camps ne périra pas.

Pas de carnaval de Binche en 2021: JT du 20/11/2020

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