Un véritable dialogue est-il possible?

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

Le Premier Ministre a rapidement et longuement répondu (communiqué de trois pages) aux 60.000 manifestants venus à Bruxelles ce mardi, sous le titre : " oui au dialogue, oui aux réformes "… mais finalement, n’est-ce pas dialogue de sourds et réformes… mais uniquement celles de l’accord gouvernemental ?

Volontarisme

Maintenir le cap et tenter de prouver qu’on est dans le bon… telle est l’actuelle stratégie de la coalition fédérale, même si pour son principal mentor, Bart De Wever, elle manque d’ambition collective et échoue à proposer des perspectives.

Précisément, dans ce communiqué impliquant les différentes composantes du gouvernement fédéral, ce dernier entend démontrer qu’il y a bien eu une concertation sociale et que les mesures prises montrent déjà leurs premiers résultats et Jan Jambon de poursuivre : il faut remonter loin dans le temps pour trouver autant d’accords sociaux conclus en quelques mois. Côté partenaires sociaux, on ne se souvient pourtant pas avoir débattu à un quelconque moment de l’âge de la pension à 67 ans, du saut d’index ou du principe de l’annualisation du temps de travail pour tous.

Marge

Dans son souci de ne pas trop s’écarter de l’accord de gouvernement et sous la pression de la N-VA, qui par essence n’accepte pas que des corps intermédiaires interviennent dans une politique gouvernementale, la marge réelle est très étroite. Seuls les représentants des associations patronales se montrent satisfaits des décisions gouvernementales, ce qui accentue ce sentiment d’une concertation moribonde.

Le modèle belge de concertation sociale avait pour tradition de laisser une marge certaine aux interlocuteurs sociaux, ce qui fait que parfois effectivement, ils avaient un peu tendance à se mettre d’accord sur le dos de la collectivité, des finances publiques. Les prépensions et les voitures de société en sont des exemples. Mais c’était le prix de la paix sociale, paraît-il.

Cette fois, il n’y a pratiquement plus de marge : ni politique, ni budgétaire.

Il reste toutefois une place pour une véritable concertation sociale, où chaque partenaire peut y trouver " quelque chose ". Dans les conditions actuelles, affirmer d’une part que le Gouvernement fédéral souhaite poursuivre ses réformes et d’autre part le souhaiter dans un esprit de dialogue avec les partenaires sociaux devient contradictoire puisque le second ne peut remettre en causes les premières.

Cela devient peut-être "oui au dialogue" mais risque de devenir "oui à MES réformes".

 

@PhWalkowiak

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