Un mois après le scrutin, une certaine idée du vide

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

Pendant des mois, les partis politiques ont sollicité l’attention des citoyens et des médias. A présent, c’est plutôt " circulez, il n’y a rien à voir !". Les parlements sont installés, les députés au chômage technique et cinq gouvernements regardent les affaires courir, pour un certain temps encore.

Des régions en panne

Flandre et Wallonie, Bart De Wever et Elio Di Rupo, s’essayent à de l’inédit, explorent des zones encore inconnues du système institutionnel belge, pourtant très fertile en incongruités : le gouvernement minoritaire. On ne voit pas toujours comment ça peut marcher, mais cela n’empêche d’essayer… et surtout cela permet de gagner du temps, avant de passer à autre chose.

En Wallonie, PS et ECOLO planchent sur un programme, qui pour la forme sera visé par la " société civile " (laquelle ?) avant d’être soumis aux députés. Seul enjeu clairement : le cdH changera-t-il d’avis ? Le PTB ne suivra pas et il est encore trop tôt pour le MR.

A Bruxelles, la mise sur pied d’un gouvernement semblait proche mais la présidente des libéraux flamands a mis la pression sur les siens pour temporiser.

En Flandre, Bart De Wever s’escrime à dresser un programme avec le seul Vlaams Belang, sachant qu’aucun autre parti ne viendra soutenir un tel projet, mais cela permet de garder un œil sur le fédéral. La N-VA est incontournable en Flandre, elle peut se permettre d’attendre. Le moment venu (avant ou après la fête flamande du 11 juillet ?), Bart De Wever appellera CD & V et Open VLD, le SP.A ayant déjà fait le choix de l’opposition et les écologistes restent trop éloignés des aspirations nationalistes.

Le fédéral à quai

Bart De Wever espérait que quelque chose puisse bouger au fédéral, mais là, chacun campe sur ses positions et l’informateur royal Didier Reynders est accaparé pas sa candidature au poste de secrétaire général du Conseil de l’Europe.

De toute façon, à ce niveau, rien n’a bougé depuis le 26 mai et rien ne changera tant que PS et N-VA ne se parleront pas. On est loin du compte.

Les négociations ne sont même pas dans l’impasse, puisqu’elles n’ont même jamais commencé. Un mois après le scrutin, la mission des informateurs royaux n’a pas permis d’enclencher quoi que ce soit et dans leur rapport au roi lundi prochain, messieurs Vande Lanotte et Reynders n’auront pas grand-chose de neuf à signaler. Cette phase va durer. Il faudra sans doute que les exécutifs régionaux/communautaires prennent forme pour débloquer la situation. Sans garantie aucune.

 

@PhWalkowiak

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