Un millésime politique pas comme les autres

Un 31 décembre pas comme les précédents. Pour la première fois depuis 2017, la Belgique dispose d’un gouvernement fédéral de plein exercice !

Trêve de plaisanteries, la crise sanitaire sera effectivement parvenue à masquer, faire oublier la crise politique et mettre au pouvoir fédéral un gouvernement d’intérêt national; d’autres diraient au vu des circonstances, un gouvernement de " salubrité publique ".

Pandémie

2020 débutait sur ces questions : pour " sauver " le pays, faut-il constituer un gouvernement qui ne rencontrerait pas le souhait exprimé par une majorité de la plus grande communauté de Ce Pays ? Comment le justifier auprès de l’opinion publique flamande, prête à en croire les sondages, à confier plus largement sa destinée aux nationalistes et aux racistes ?

L’alors nouveau président du MR avait déjà sa " Quatre Saisons " dans le four. Il faudra encore10 mois, une crise sanitaire, du scepticisme et un CD&V qui se tortille pour la servir. La pandémie a même fait oublier que la Belgique sera restée 650 jours sans un véritable gouvernement à sa tête comme elle masque pour l’instant le vide du programme gouvernemental. C’est le principal mérite politique du coronavirus : il fédère des énergies contraires. A ce stade, on ne voit toujours pas ce qui peut unir ECOLO et Open VLD.

Les atermoiements, les hésitations, les approximations, les incohérences, les contradictions de nos dirigeants face à la pandémie rendent pour le moins, le citoyen perplexe.

Extrême-droite

Ces 650 jours de crise politique auront également lourdement plombé la N-VA qui termine 2020 avec plus de questions que de réponses. Depuis les élections communales d’octobre 2018, le parti nationaliste a perdu ce coup d’avance que son président, à présent aux abois, lui garantissait. Le leadership lui glisse entre les doigts, même en Flandre voire au sein du gouvernement flamand. L’ombre du Vlaams Belang plane. La nouvelle version de l’extrême-droite flamande paraît capable de confirmer ses succès dans la durée. 2020 a profité au VB.

Le Mouvement Réformateur se sera payé une crise interne dont il a le secret et qui passe les générations de dirigeants libéraux. Son jeune président s’est pris les pieds dans son casting ministériel et son omniprésence sert pour l’instant de ligne politique.

Le PS continue de faire semblant de ne pas voir qu’il se situe désormais largement en dessous de son minimum électoral historique. Le président socialiste a laissé passer son tour au fédéral et prudemment évité les portefeuilles ministériels trop exposés. Prudence et circonspection également dans la gestion du gouvernement wallon. Les Verts se demandent chaque jour comment atteindre 2024 sans trop de casse, prennent des coups à Bruxelles.

Même avec des gouvernements désormais à tous les étages, le millésime politique qui s’achève laisse finalement bien des incertitudes derrière lui.

 

@PhWalkowiak

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