Un hérisson de retour au 16

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

Eviter la propagation de l’incendie au gouvernement fédéral…

Comme lors des déclarations Jambon-Francken sur la collaboration, de De Wever sur l’immigration, de Francken ou Homans sur les réfugiés, etc… et maintenant, sur Linkebeek, le MR n’a d’autre choix que de faire le gros dos et d’éviter que ses ministres réagissent. Seule la présidence du parti réagit, … uniquement par communiqué.

Préserver le 16

Les libéraux francophones ont retrouvé l’hôtel du Premier Ministre après 80 ans, de manière aussi fortuite qu’inattendue. On connaît le concours de circonstances qui a amené Charles Michel à s’installer au 16, rue de la Loi.

Le MR seul parti francophone avec trois alliés flamands doit à présent assumer son rôle mais il sait aussi qu’il ne peut se laisser entraîner dans des querelles communautaires mortifères pour la coalition fédérale.

Si le MR pouvait assumer un programme socio-économique qui fait la part belle aux revendications flamandes, le dossier " Linkebeek " le met plutôt en porte-à-faux. Les libéraux francophones, plus que d’autres et pour des raisons d’implantations locales, ont vanté les mérites de Sixième Réforme de l’Etat pour la périphérie (2011) : c’était alors la victoire du président Charles Michel qui avait pour la cause, sacrifié son " mariage " avec le FDF. Il déchante quelque peu à présent. Le président Olivier Chastel assure le service minimum : Damien Thiéry reste le seul bourgmestre légitime de Linkebeek et le choix démocratique de la population est ainsi bafoué par la ministre Liesbeth Homans. Les mots " gouvernement flamand " ou " N-VA " sont soigneusement évités. Au MR, on dit se donner du temps pour analyser les meilleures voies de droit en vue d’un recours. Gagner du temps pour faire retomber la pression et éviter la confrontation directe avec l’allié nationaliste.

Pas (encore ?) un nouveau Fourons

L’affaire n’est manifestement pas close mais la N-VA ne semble pas prête de revenir sur ses positions ; il faudra vivre " avec " sans doute jusqu’aux communales du 14 octobre… 2018.

Le climat dans la coalition peut à terme en être affecté ; l’affaire est en outre une occasion rêvée pour l’opposition francophone, même si celle-ci est aussi partie prenante à la solution institutionnelle qui a permis à Lisbeth Homans d’agir en toute légalité. Carpette-attitude, coup d’Etat communautaire, Premier Ministre autruche, faiblesse, manque d’autorité, etc… Charles Michel retrouve quelque peu les propos qui avaient accompagnés son installation il y a un an.

Mais à la différence de l’affaire des Fourons, ce n’est plus le ministre de l’Intérieur " fédéral " qui doit gérer le dossier qui peut faire tomber un gouvernement, d’où la détermination du MR de laisser cette " affaire " de nomination où elle est, quitte à ce que cela passe pour un manque de courage, que cela puisse coûter électoralement à Bruxelles et en périphérie ( les FDF n’attendent que ça) mais le 16 est à ce prix…

Pour continuer à s’asseoir dans le fauteuil de Premier, il faut aussi pouvoir parfois accepter qu’il y ait également un hérisson qui y somnole…

 

@PhWalkowiak

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