Un fédéralisme de rancoeur

Charles Michel l’a répété dans ses vœux aux institutions du pays, en présence du Roi : Nous devons tous promouvoir un fédéralisme loyal et de coopération. Plus que jamais je plaide pour un fédéralisme de solutions, dans l’intérêt de nos concitoyens.

Mais il reste lucide : Nous devons tous redoubler d’efforts et tirer les leçons des derniers mois et des derniers jours pour faire mieux fonctionner les différents mécanismes de coopération.

Cette déclaration intervient au lendemain d’un comité de concertation… où une fois de plus, aucune concertation n’a été possible.

Sarcasmes

La 6ème réforme de l’Etat serait-elle un échec ?

Déjà, qu’elle était censée faire reculer la N-VA (dixit Elio Di Rupo et ses cosignataires), elle a en plus éparpillé façon puzzle les compétences et fait du comité de concertation la clé de voûte de tout le système, le lieu de décision suprême fait d’harmonie et de coopération.

Pour tout cela, on connaît le résultat : non seulement la N-VA dirige le pays mais le comité de concertation est devenu le lieu des rancœurs recuites et des sarcasmes. Et à ce petit jeu, celui qui plaide pour un fédéralisme loyal, de solutions (cf. supra) n’est apparemment pas le dernier.

Dans une telle atmosphère, chacun tire la couverture à soi et tout le monde se rejette les responsabilités, empêchant toute coopération loyale.

La Belgique fédérale en est bloquée et la situation actuelle finit par donner raison à la N-VA.

Responsable de rien

Dans de telles conditions, chacun joue sa partition et cela devient effectivement la cacophonie. Ce fut ainsi le cas lors de l’annonce du nouvel investissement d’Audi à Forest, le Premier Ministre jouant en solo pour s’en attribuer les lauriers avant les Régions mais quand cela va moins bien, comme pour les tunnels bruxellois ou le RER, chacun se rejette la responsabilité ou souligne encore plus les manquements des autres.

La Belgique institutionnelle ne fonctionne pas. Certes, le mécanisme est complexe mais il s’était toujours trouvé des hommes et des femmes pour faire marcher le brol. Ce n’est plus le cas. Le Standaard y voit même la bombe à retardement qui risque de faire exploser le pays…de tikkende tijdbom onder België plus encore que la pression du mouvement flamand sur la N-VA.

 

@PhWalkowiak

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK