Trou budgétaire et vide politique

Trou budgétaire et vide politique
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Tous les acteurs concernés comprennent qu’il n’est pas possible de réitérer la situation de 2010-2011, disent en chœur les informateurs royaux. Certes, la Belgique n’a guère envie de battre son record du monde d’affaires courantes mais une incantation ne fait pas une solution ! Le duo expérimenté Reynders-Vande Lanotte ne le sait que trop bien.

Vide politique

A l’issue du premier rapport des informateurs, il convient de constater que les lignes n’ont guère bougé depuis le 26 mai. A ce moment de la négociation, cela reste chose " normale " même si on ne voit pas comment la situation générale pourrait changer.

Il est patent depuis le début que ni le Vlaams Belang ni le PTB ne font partie de la solution. Peu ou prou, personne n’entend travailler avec eux au fédéral. Le cdH se retire du jeu mais son poids politique fédéral (5 députés) est devenu anecdotique ; le parti le reconnaît lui-même. Sur les 150 députés de la Chambre, 35 sont donc déjà hors-jeu.

Puisqu’à ce stade, aucun parti flamand n’accepte l’idée de monter dans une coalition fédérale minoritaire côté néerlandophone, la N-VA (25 députés) doit obligatoirement en faire partie ; CD & V-Open VLD-SP.A-Groen représentent en effet moins de la moitié des élus flamands.

Et puisque le cdH se retire de la course, le PS devient indispensable côté francophone… sauf à admettre à nouveau un gouvernement fédéral avec tous les partis flamands et un seul parti francophone.

Conclusion à cet instant des négociations : PS et N-VA doivent s’accorder pour former un exécutif fédéral ! La crise n’est pas terminée…

Trou budgétaire

Ce vide politique s’accompagne d’un souci budgétaire. Comme chaque année à cette période, le Bureau du Plan vient rappeler que la trajectoire des finances dressée par le gouvernement Michel ne tient pas la route. Pour rappel, le gouvernement sortant avait promis lors de son installation un retour à l’équilibre en… 2018 ; le trou serait aujourd’hui de 10 milliards €, alors que l’Europe vient de connaître quelques années de croissance économique.

La Belgique est sans gouvernement depuis six mois déjà et fonctionne au rythme des 12èmes provisoires. De plus, la coalition sortante ne pèse plus que 38 sièges à la Chambre. Sauf à constituer rapidement un gouvernement, ce qui paraît très compliqué (cf. supra), il faudra compter sur la bienveillance de l’opposition pour que le pays ne se retrouve dans une sévère impasse budgétaire.

La prochaine coalition ne disposera pratiquement d’aucune marge de manœuvre pour financer les nombreuses promesses électorales.

La crise politique des 541 jours de 2010-2011 n’a pas handicapé la situation budgétaire du pays mais le vide politique d’aujourd’hui creusera un peu plus le trou budgétaire de demain.

@PhWalkowiak

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