Trêve de confiseries pour le gouvernement fédéral

Pacte énergétique cramé, plan de relance élimé, réforme de la Cour d’Assises coulée par le fond, autorité bafouée, crédibilité internationale écornée par l’ONU, croissance économique inférieure à la moyenne européenne, accises qui prennent l’eau et comble du comble, critiqué lourdement par le cœur même de son électorat, les petits indépendants de l’UCM… n’en jetez plus, la coupe est pleine pour Charles Michel! Il est temps que l’année se termine pour le Premier Ministre.

Victime de sa coalition

La réforme de l’impôt des sociétés a été mis sur la table par la N-VA lors de la rentrée 2016, les autres formations ont alors tenté d’obtenir des compensations stratégiques. Il faut rappeler que cette baisse de l’ISOC ne figurait pas dans le programme gouvernemental rédigé en 2014.

L’an dernier, l’impossible équilibre avait déjà forcé le Premier Ministre à reporter sa déclaration de rentrée et à supplier ensuite à la tribune ses alliés de s’entendre. Le couvert a dû être remis à plusieurs reprises; l’accord de l’été (équilibre entre baisse de l’ISOC N-VA, taxation des comptes-titres CD&V, exonération fiscale Open-VLD et cash for car MR) a dû être validé à plusieurs reprises, modifié car étrillé par les autorités de référence.

A plusieurs reprises, la N-VA a tenu à montrer qu’elle était le véritable patron de la coalition, imposant son agenda. A Charles Michel de veiller à la cohésion, à faire tenir l’attelage, de recadrage en recadrage de Theo Francken.

Absurdité

On n'a pas le souvenir d’un secrétaire d’Etat considérant les propos de "son" Premier Ministre comme des "absurdités" sans que cela ne provoque une crise de confiance majeure. L’adage "Un ministre, ça ferme sa gueule ou cela démissionne" ne vaut pas pour Theo Francken. Celui-ci est un maillon essentiel de la stratégie électorale de la N-VA; il garantit à son parti un profil "sécuritaire" assumé, qui plaît aussi à une bonne part sans doute de l’électorat MR.

Le bilan économique du gouvernement fédéral sera le principal argument du Mouvement Réformateur pour les échéances électorales d’octobre 2018 et mai 2019.

Il reste à convaincre cet électorat du bien-fondé de l’action gouvernementale; les sondages annoncent une représentation libérale en baisse et le positionnement des Classes Moyennes, présentant la dernière réforme de l’impôt des sociétés comme néfaste pour les PME wallonnes et bruxelloises ou s’estimant négligée par le ministre des Finances, a de quoi inquiéter l’état-major réformateur.

Charles Michel ne va pas dévier de son cap et après une fin d’année pourrie, il va pouvoir reprendre des forces, et pas seulement avec quelques confiseries de Noël...

Pour affronter 2018, les nouvelles tensions entre partenaires flamands, il aura besoin d’énergie et pas seulement pour garder le mayorat de Wavre.

 

@PhWalkowiak

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