Toussaint: quand les cimetières fêtent les morts en musique

L’événement s’appelle ‘Reveil’, et se tient un peu partout en Flandre. Ce jeudi, à la tombée de la nuit, les cimetières qui y participent ouvriront leurs portes aux citoyens, avec au programme, des concerts de musique, mais aussi des lectures de poésies et de témoignages de vie. Le tout à la lumière des bougies et des lampions. Plus question donc de commémorer les morts dans le silence et la retenue. Place est désormais faite à une véritable célébration.

Tous les artistes qui le désirent peuvent se joindre aux cérémonies, à la condition de respecter certaines règles: ils doivent avoir un lien avec le cimetière ou la commune où ils se trouvent. La musique et les textes doivent être appropriés, et ils ne peuvent pas être rémunérés pour leurs prestations. 

Une idée qui remonte à 2014

L’initiative a été lancée en 2014, par Pieter Deknudt, un jeune artiste qui avait vu, cette année-là, quatre de ses amis perdre la vie. Pour leur rendre hommage, il avait décidé, le jour de la Toussaint, d’interpréter quelques chansons avec son groupe au cimetière de Deerlijk, en Flandre occidentale. 350 personnes avaient alors assisté au concert. L’année suivante, une vingtaine de communes avaient décidé d’organiser à leur tour un événement similaire.

De fil en aiguille, le phénomène a pris de l’ampleur. L’an dernier, l’artiste Ozark Henry a rendu hommage à sa mère au cimetière de Oostduinkerke. Un hommage qui a attiré 2200 personnes. Demain, 1er novembre, pas moins de 100 cimetières participeront à ‘Reveil’, une célébration musicale des morts qui se tiendra dans près d’une commune flamande sur trois. 

La volonté de commémorer les morts différemment 

Pour ceux qui ont perdu un proche, l’organisation d’une célébration collective et chaleureuse semble rendre cette journée de Toussaint moins douloureuse. L’événement permet aussi de rassembler davantage de monde dans les cimetières souvent désertés. Les nombreux témoignages livrés à l’occasion viennent également briser les tabous autour des morts et redonner vie à des histoires oubliées. Mais ce phénomène indique, peut-être, aussi, un changement des traditions.

Habituellement, le 1e novembre, les Flamands se rendent, souvent seuls ou en petits groupes, au cimetière. La majorité du temps pour y déposer tout simplement des chrysanthèmes. D’après les organisateurs de ‘Reveil’, l’évènement vient ainsi moderniser notre culture et donner un nouveau souffle au deuil.

Pour eux, il s’agit d’une forme de réponse européenne à la fête mexicaine d’‘El Dia de los Muertos’. Car après tout, commémorer les morts, c’est aussi célébrer la vie.

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