Taxe kilométrique en Flandre: pourquoi la N-VA change son fusil d'épaule

La taxe kilométrique crée depuis quelques jours un malaise au sein de la N-VA. Alors que le parti soutenait jusqu’ici l’application d’une telle mesure en Flandre, Bart De Wever a effectué un virage à 180 degrés le week-end dernier. 

Durant la quasi totalité de la législature, le ministre flamand de la Mobilité, Ben Weyts, l’une des figures fortes de la N-VA, a défendu corps et âme la taxe kilométrique pour les particuliers. Son objectif : réduire les embouteillages qui gangrènent le nord du pays en faisant payer les conducteurs selon le nombre de kilomètres parcourus. On taxerait donc moins la possession d’un véhicule, mais davantage son utilisation pour pousser les citoyens vers d’autres modes de transport. 

L’été dernier, dans le cadre du plan climat, les partis de la majorité flamande ont opté pour cette taxe dite "intelligente". Une taxe qui doit être approuvée par le prochain gouvernement, mais qui, en attendant, a fait l’objet d’une étude pour établir le contexte et les technologies qu’il convient d’adopter.

Taxe pas équitable

Et c’est justement cette étude qui serait à l’origine du rétropédalage de la N-VA. Le rapport était prévu pour le mois de juin, soit juste après les élections, mais les premiers éléments ont déjà fuité, et il apparaît que certaines personnes vont devoir payer plus que d’autres. 

D'après les experts, le scénario le plus efficace serait en effet d’appliquer des tarifs allant de 2 à 5 centimes par km, selon le lieu et l’heure de circulation. Un automobiliste qui roule aux abords d’Anvers en pleine heure de pointe déboursera davantage qu’un conducteur qui se balade durant le week-end dans les Ardennes flamandes. 

Le concept est logique, mais il a eu l’effet d’une bombe pour la N-VA qui se définit comme un parti "éco-réaliste", et qui dénonce régulièrement les taxes exigées par les écologistes. A quelques semaines des élections, l’idée qu’un impôt lié à la mobilité et l’environnement soit directement associé à un ministre N-VA est dure à avaler. Le Vlaams Belang a d’ailleurs sauté sur l’occasion pour attaquer les nationalistes flamands. Et c’est ainsi que Bart De Wever - qui déclarait il y a un an encore que la taxe kilométrique était "inévitable" - s’est retrouvé à expliquer que rien n’avait été décidé, et que son parti n’approuverait pas une mesure qui lèse certains travailleurs ou encore les personnes qui vivent dans des zones isolées.

La taxe kilométrique n'aurait malgré tout pas perdu toutes ses chances de voir le jour. D’après plusieurs éditorialistes et politologues, le virage de la N-VA ne durera que le temps de la campagne, et le parti reviendra sur sa position initiale une fois la nouvelle majorité en place. Il faut dire que face à la congestion du trafic en Flandre, un vrai changement s’impose. Cela fait plus de 15 ans que les autorités y réfléchissent, mais les différents gouvernements ont systématiquement refilé la patate chaude à la législature suivante. Ce nouveau rebondissement aura en tout cas une fois de plus démontré à quel point les intérêts électoraux passent avant la nécessité d’une mesure pour le long terme.

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