Tar'ta gueule à la récré

Hier Charles Michel s’est distingué par une phrase choc. Pour lui "la fin de la récréation a sonné pour la Grèce".

Il participait à un sommet de l’Union et de la Communauté d’Etats latino-américain et caribéens. Comme d’autres chefs d’Etat présent, il en profite pour lancer un message envers la Grèce alors que les négociations sont à nouveau dans une phase très active. L’heure est plutôt au réchauffement. François Hollande veut " aller vite ", Angela Merkel dit que " Quand on veut on peut ", mais Charles Michel se la joue ferme et cassant " La récré est finie ".

Une phrase qui fera plaisir aux Grecs qui ont perdu 1/4 de leur PIB en 5 ans, qui ont un taux de chômage de 50% chez les jeunes, 40% d’enfants en situation de pauvreté, des suicides en augmentation de 44%. Les Grecs touchés par la crise seront heureux d’apprendre que la Belgique a fermement demandé que cesse cette récréation.

Charles Michel visait les dirigeants Grecs

Charles Michel a haussé le ton envers les dirigeants Grecs. Parce que le Premier Ministre et le ministre des Finances ont virilement rejeté les propositions des créanciers, parlant de provocation. Ils ont remis les leurs entre temps, qui ne plaisent pas.

Les créanciers européens ont l’impression que Syriza joue, joue la montre, joue les gros bras, ne dit pas toute la vérité d’où cette expression sur la fin de la récréation.

Il n’en reste pas moins que sa phrase vise la Grèce en général, pas les dirigeants en particulier. Pour beaucoup de Grecs cette négociation est loin d’être une récréation. Pour tous ceux qui ont vu leur situation s’empirer depuis 5 ans, et qui craignent qu’elle empire encore cela ajoute de l’humiliation à l’humiliation.

La Belgique faisait plutôt partie des pays modérés

Faut-il encore le dire nous ne comptons pas beaucoup dans cette affaire qui se règle surtout entre la France et l’Allemagne (ce qui avait d’ailleurs fait sortir Charles Michel de ses gonds salutairement à un sommet en Mars).

Cela dit, par rapport à un pays de taille et d’influence comparable, les Pays-Bas par exemple, la Belgique est plus modérée. En tant que Premier Ministre, Charles Michel dans ses déclarations publiques s’était montré jusqu’ici conciliateur. Premier Européen de la classe, visant avant tout le consensus.

Une posture moins cassante que celle du ministre des Finances, Johan Van Overtveldt, N-VA. Lui se montre très ferme, refuse les concessions, estime que la Troïka n'a commis aucune erreur, que la Grèce porte seule la responsabilité de ce qui lui arrive. Aujourd'hui, c'est la fin de la récréation donc. La Belgique n'a qu'une seule ligne, l'intransigeance.

Bertrand Henne

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