Survol : la liberté du bras d'honneur

Survol : la liberté du bras d'honneur
Survol : la liberté du bras d'honneur - © Tous droits réservés

Ce matin, réunion de travail attendue entre les régions et le fédéral sur le survol de Bruxelles. Ce dossier est explosif, Geert Bourgeois à parler de bombe institutionnelle. Est-ce que s’est exagéré ? C’est pour faire peur aux francophones ?

Non, ce n’est pas exagéré ; et oui, c’est pour faire peur aux francophones.

Ce n’est pas exagéré parce que le survol de Bruxelles, c’est le dossier communautaire le plus pourri de ces 20 dernières années.  C’est un “Klote dossier”, "un dossier de merde" comme le disait Bert Anciaux du Spa. Un “Klote Dossier” communautaire jusqu'à l'irrationnel comme le cas de José Happart dans les années 80 ou BHV jusqu’il y a peu.

Oui, ce dossier est une bombe institutionnelle, car la Flandre qui a toujours considéré comme normal que les vols qui décollent de l'aéroport national survole aussi Bruxelles. Ce n'est pas de chance si la capitale est dans le chemin.

Bruxelles, de son côté, a toujours considéré que cet aéroport était surtout un aéroport flamand qui emploie surtout des flamands ; et où les taxis bruxellois ne peuvent même pas charger des passagers. Ils n’ont qu'à garder leurs avions au-dessus de ses champs de patates.

 

Ce qui a changé, c’est que les Bruxellois n’ont pas osé aller jusqu’au bout de leur logique…

La réponse est simple. Pour la première fois, aucun des partis francophones du gouvernement bruxellois n’est représenté au fédéral, qui détient la compétence des routes aériennes. Ils ont la liberté du bras d’honneur...

Il n’y a plus de relais du fédéral pour faire pression sur Bruxelles, sauf le VLD et le CD&V. Mais eux, ils jouent la carte bruxelloise ou leurs électeurs, même flamands, ne sont pas franchement pour le survol de la capitale.

 

Une bombe institutionnelle qui peut exploser

Elle a déjà explosé dans le passé cette bombe. Mais ici les ingrédients sont encore plus volatils…

Donc, premièrement, pas de partis francophones bruxellois au fédéral.

Deuxièmement, le CDH abîmé par le plan Wathelet - et en difficulté existentielle dans la capitale - cherche à se reconstruire. Or, le parti qui avait le plus tiré sur le CDh, à l’époque du plan Wathelet, c’était le MR. Le Mouvement Réformateur qui se retrouve aujourd’hui seul au fédéral, avec la compétence. Les partis francophones, dans l’opposition au fédéral, vont tout faire pour appuyer là où ça fait mal.

Enfin troisièmement, La NVa est en difficulté depuis quelques mois et surtout depuis quelques jours avec Siegfried Bracke. Elle veut se refaire une santé, ne pas lâcher sur son cœur de cible, le communautaire. Et, elle non plus, ne veut pas lâcher. Elle commence déjà à demander la régionalisation de la compétence des routes aériennes.

Entre les deux forces, il y a Charles Michel, le premier ministre. Le pilote, qui se rappellera qu’autrefois sa coalition avait été baptisée Kamikaze.

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