Sophie Wilmès, première Première… et après ?

On pourra toujours ergoter sur les conditions imposées par son bail de location de l’immeuble sis 16, rue de la Loi à Bruxelles, mais Sophie Wilmès vient de faire son entrée dans les manuels d’histoire de Ce Pays. Son arrivée au sommet du pouvoir ne doit rien à un mouvement populaire ou à un succès électoral éclatant mais bien plus à une crise politique qui se traîne depuis bientôt un an, d’une coalition à l’agonie. Elle demeure ainsi largement méconnue du grand public. Une première sans doute là aussi.

Mais peu importe, l’instant demeure aussi historique que symbolique. Sur cet aspect, la Belgique devient (enfin !) une démocratie moderne et cette première en appelle forcément d’autres, plus fortes.

Evidence

L’arrivée de Sophie Wilmès se fait dans une certaine unanimité. Facile, direz-vous… elle n’a même pas de programme gouvernemental à défendre ! Elle est là pour assurer la continuité alors que dans son parti, les ténors (Michel, Reynders voire Chastel) filent à l’Europe ou se sont verrouillés un job en Wallonie. Elle est pourtant la moins expérimentée des ministres MR du fédéral mais personne n’aurait imaginé le MR désigner quelqu’un d’autre pour faire le job.

Pour son entrée en fonction, Sophie Wilmès jouit d’une certaine bienveillance, y compris au sein de l’opposition. Elle n’est pas clivante, une qualité quand on dirige un gouvernement minoritaire qui risque de devoir aller chercher des appuis pour débloquer certains dossiers au-delà de son riquiqui pré carré. Sur ce point, elle peut réussir là où son prédécesseur avait nourri des inimitiés irréversibles.

Appareils

Le gouvernement Michel est en capilotade, les poutres maîtresses de ce qui fut appelé la " suédoise " ont disparu (Michel, Reynders, Peeters, Beke, …) sans compter la clé de voûte des ministres N-VA.

Il faut assurer à présent l’essentiel : le fonctionnement de l’État belge. Ce dernier peut heureusement déjà compter sur des exécutifs régionaux et communautaires qui fonctionnent et qui se parlent. A ce stade, le gouvernement fédéral garde principalement un rôle de coordination qui risque de s’avérer crucial quand le Brexit produira ses effets ou quand des efforts budgétaires ou climatiques reviendront à l'agenda.

L’arrivée de Sophie Wilmès au 16 résulte enfin des rivalités entre ce qui reste de la coalition sortante. Le MR se trouve en pleins travaux de renouvellement alors que CD&V et Open-VLD s’épient sur fond de future coalition fédérale et de meilleur allié de la N-VA. Le jeu des partis s’impose toujours.

Le gouvernement Wilmès est en place. Il est loin de disposer de tous les atouts. Il devra pourvoir sous peu au remplacement à la Défense et surtout aux Affaires Etrangères de Didier Reynders. La nouvelle Première pourra-t-elle déjà y imposer sa marque ? Ce n’est sans doute qu’un premier défi à l’aune de ce qui l’attend ensuite, elle qui portera aussi la voix du MR dans les négociations fédérales en compagnie de l’autre successeur de Charles Michel, ... à la présidence du parti cette fois.

 

@PhWalkowiak

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