SNCB et politique : des guichets, des rails

Y a-t-il une malédiction qui plane au-dessus des ministres de la Mobilité dès qu’ils tentent de s’occuper de près ou de loin de la SNCB ? Y en a qui ont essayé… ils ont eu " des problèmes " !

Le dernier en date, l’Ecolo Georges Gilkinet, vient d’opérer une belle courbe rentrante pour se remettre sur les rails. Mais le mal est fait…

Autonome

Les chemins de fer restent un dossier sensible. Chaque nouveau gouvernement tente de lui imposer de nouvelles perspectives mais l’entreprise reste protégée par son statut d’"entreprise publique autonome". Quoiqu’il/elle en pense, le véritable patron reste le CEO. Georges Gilkinet a trouvé Sophie Dutordoir (ex-Electrabel) pour le rappeler à l’ordre, comme avant lui Jacqueline Galant face à Jo Cornu (ex-Alcatel,Agfa), Isabelle Durant et Karel Vinck (ex-Umicore) ou plus loin encore, l’inamovible Etienne Schouppe, patron de 1987 à 2002 avant de devenir secrétaire d’État CD&V… à la mobilité dans le gouvernement Leterme !

On notera au passage l’absence consacrée de CEO francophone (" compensée " par la direction d’Infrabel). La plupart du temps, ce n’est pas le/la ministre qui a le dernier mot. Georges Gilkinet vient de l’apprendre à ses dépens, et ce d’autant plus que le Conseil d’Administration, où se retrouvent les représentants de la quasi-totalité des partis politiques, soutient unanimement la patronne de la SNCB dans sa volonté de fermer ces 44 guichets.

Politique

Le gouvernement De Croo a fait du transport par rail une des priorités de sa politique de mobilité. Tant mieux. Mais si le gouvernement propose, la SNCB dispose. Les chemins de fer choisissent le nouveau modèle de wagon, comme ils décident de fermer tel guichet de gare plutôt de tel autre. Il se trouvera toujours un ministre pour se faire photographier à côté du premier, certainement pas à côté de l’autre. Pourtant, la SNCB c’est l’un ET l’autre.

A ce stade, le politique paraît avant tout réduit aux moyens qu’ils décident (ou pas) d’allouer. Le gouvernement Michel, fidèle à une certaine idéologie, entendait réaliser près de 3 milliards € d’économies et supprimer 2700 emplois, tout en augmentant la productivité et l’attractivité ! Finalement, la ministre a servi de fusible, la fronde des bourgmestres libéraux du Brabant Wallon sur le RER a eu gain de cause et le ministre Bellot a ensuite soigneusement évité les affrontements.

Le ministre Gilkinet doit à présent confronter sa volonté à la réalité. La SNCB reste une entreprise en large déficit. De plus, la mobilité constitue un ensemble morcelé entre niveaux de pouvoir en Belgique. A quoi sert qu’Ecolo (comme le PS) envisage une taxe kilométrique à Bruxelles sans envisager concrètement une large offre ferroviaire au fédéral ou vicinale depuis la Wallonie ?

Dans notre pays, le premier obstacle à une véritable ambition de mobilité reste l’éclatement des responsabilités. Une marche arrière est impensable. Reste alors à chacun à travailler dans le même sens, en commençant par le ministre et la CEO de la SNCB.

 

@PhWalkowiak

Sujet JT 09/02/2021

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