SNCB : Ecolo joue à guichets fermés

Ecolo est mal à l’aise avec la décision de la SNCB de fermer 44 guichets dans les gares. Une décision qui fait grogner du côté des syndicats, que le ministre désapprouve aujourd’hui après l’avoir assumé dans un premier temps.

Ce cafouillage dans la communication écologiste trouve son explication dans ce que la décision de fermeture de 44 guichets par la SNCB ne colle pas avec la grande promesse verte de réinvestir dans le service public. Ecolo se retrouve mal pris.

D’abord il faut savoir qu’Ecolo joue à guichets fermés au sein du conseil d’administration de la SNCB puisqu’il n’y a pas de représentant. Il y a par contre un commissaire du gouvernement. Le ministre de la mobilité Georges Gilkinet était donc au courant de l’intention de la SNCB, mais pas autour de la table de la décision. C’est une nuance importante, car Ecolo se retrouve dans une situation inconfortable aujourd’hui, celle de gérer une entreprise publique autonome dont le conseil d’administration est composé des principaux partis mais pas les verts.

Au début tout va bien…

Bref, la patronne de la SNCB averti le ministre en amont, ils en parlent et la SNCB décide malgré tout la fermeture de 44 guichets les moins utilisés. Le premier février un Belga tombe. Georges Gilkinet réagit : Non, fermer les guichets n’est jamais une bonne nouvelle". Mais reconnaît le ministre Ecolo :

La SNCB a pris cette décision d’adapter ses services à l’évolution de la demande des voyageurs et d’utiliser leurs ressources pour une meilleure offre de train.

Sans donner aucune interview, le ministre Ecolo évoque des compensations visiblement négociées avec la SNCB : aucune station ne sera fermée, des heures d’ouverture des salles d’attente sont maintenues voire prolongées, des stewards pour guider les usagers, des négociations avec les communes concernées. Bref, tout va bien, fin du premier épisode

…et puis rien ne va plus.

Les syndicats, le cdH, le PTB, c’est un concert de protestations qui pointe la dégradation du service public, la fracture numérique et la mort de la convivialité dans les gares.

C’est là qu’intervient le coprésident Jean-Marc Nollet. Il désapprouve la décision de la SNCB et explique qu’Ecolo demande une correction de la mesure. Le premier message, plutôt compréhensif et conciliant, cède la place à une communication plus musclée, une communication s’opposant à la SNCB.

Georges Gilkinet donne alors des interviews pour expliquer qu’en l’état la décision n’est pas acceptable et écrit donc à la SNCB pour le lui dire.

Le ton a changé, il est plus musclé. Mais sur le fond, est-ce que Georges Gilkinet a changé de position ? Est-ce qu’il demande de garder ces 44 guichets en activité ?

Non. Il fixe 4 balises dans sa lettre qui sont un peu plus précises. En particulier l’idée que la SNCB stoppe la fermeture s’il n’y a aucune présence humaine dans la gare. En clair, si la SNCB a une convention avec une boulangerie ou un office du tourisme par exemple, alors elle peut fermer des guichets. Autre exemple, Georges Gilkinet demande que les gares doivent être ouvertes et chauffées une heure avant le premier train et une heure après le dernier. Bref, ces conditions, n’interdisent pas du tout à la SNCB de fermer des guichets. Et de toute façon c’est une entreprise publique autonome et rien dans son contrat de gestion ne l’oblige à revoir sa décision.

Pour Ecolo, resté 17 ans dans l’opposition au fédéral, c’est le premier bras de fer public avec la SNCB. La première fois aussi que le message de réinvestissement dans le rail est pris en défaut. La première fois, et sans doute pas la dernière, qu’Ecolo va être condamné à décevoir.




 

La Première: les coulisses du pouvoir (03/02/2021)

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