Scandale en Flandre autour d'un célèbre rappeur et d'un proxénète de mineures

Un jeune rappeur anversois a fait couler beaucoup d’encre la semaine dernière, après avoir soutenu, ouvertement et en musique, un proxénète de mineures. Le chanteur s’appelle Soufiane Eddyani (20 ans). Son nom ne vous dit sans doute rien, mais en Flandre, Soufiane Eddyani est aujourd’hui l’un des rappeurs les plus connus. Avec pas moins de 15 millions de vues sur YouTube, le jeune Anversois est particulièrement apprécié par les adolescents. La star est d’ailleurs souvent présentée comme un modèle pour les jeunes. C’était, du moins, avant la parution de son dernier titre.

Le morceau s’intitule "Amigo", Soufiane Eddyani l’a officiellement dédié à son ami d’enfance. Jusqu’ici, rien de choquant, sauf que l’ami en question, surnommé Moreno, a été condamné pour avoir forcé une adolescente de 15 ans à la prostitution. Dans la chanson, Eddyani insinue que son ami n’avait pas le choix car il était fauché, qu’il a agi pour aider sa mère, et qu’il a finalement été incarcéré "à cause du système". On notera que Moreno ne se trouve plus derrière les barreaux, mais bien chez lui, sous surveillance électronique. 

Un véritable tollé en Flandre

Les réseaux sociaux se sont enflammés. Côté politique, les premières réactions sont venues de l’ancienne secrétaire d’Etat à l’Egalité des Chances, la N-VA Zuhal Demir. Mais au final, tous les partis ont exprimé leur indignation. Le président du sp.a, John Crombez, a pour sa part invité Soufiane Eddyani à rencontrer deux victimes de proxénétisme de mineures. Un rendez-vous auquel le rappeur ne s’est jamais rendu.

On retiendra quelque chose de positif 

Cette affaire a finalement permis d’ouvrir les yeux du public sur une problématique peu connue, mais qui est loin d’être nouvelle. Le ministre flamand du Bien-être, Jo Vandeurzen, a annoncé l’ouverture d’un service de signalement pour améliorer l’accompagnement des jeunes victimes, et pour mieux évaluer l’ampleur du problème. La polémique a aussi permis de rappeler les méthodes des proxénètes qui scrutent souvent les foyers pour mineurs à la recherche de jeunes filles vulnérables. Enfin, des voix se sont levées pour dénoncer le laxisme de la justice en la matière.

Aujourd’hui, les personnes condamnées pour proxénétisme ne doivent purger qu’un tiers de leur peine de prison. Elles sont ensuite mises sous surveillance électronique et renvoyées chez elles, un lieu depuis lequel elles ont la possibilité de poursuivre leurs activités criminelles via internet. Le ministre de la Justice, Koen Geens, espère que le Parlement approuvera prochainement un durcissement des sanctions. En attendant, l’affaire semble avoir encouragé d’autres victimes à sortir du silence puisqu’une nouvelle plainte vient d’être déposée contre Moreno.

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