Sale temps pour les LGBT au Brésil

Sale temps pour les LGBT au Brésil
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L’arrivée au pouvoir de Jair Bolsonaro s’est tout de suite marquée par une décision polémique visant les LGBT. Dans une ordonnance publiée mardi dernier au Journal officiel, le chef d'État a exclu des prérogatives de son nouveau ministère des Droits de l'homme les préoccupations liées aux personnes LGBT. Bolsonaro a promis de se battre contre "l'idéologie de genre" tout comme Damares Alves, la nouvelle ministre de la Femme, de la famille et des Droits de l'Homme, qui a dit en marge de son intronisation, que c’était " une nouvelle ère au Brésil: les garçons s'habillent en bleu et les filles en rose". Elle a été rhabillée pour l’hiver et dans toutes les couleurs sur internet. Mais les LGBT sont souvent instrumentalisés par ce genre de partis. En général, ils ne soutiennent pas leurs revendications ou les excluent ouvertement de leurs préoccupations comme l’a montré très vite Bolsonaro ou l’Italie de Salvini pour qui " les homosexuels veulent (nous) dominer et effacer (notre) peuple ". 

Tous les partis nationalistes ne sont pas forcément anti LGBT 

D’autres partis nationalistes récupèrent la cause LGBT. Ils lient les intérêts nationalistes et ceux des personnes LGBT. Le concept élaboré par l’américaine Jasbir K. Puar est l’homo-nationalisme. Ce projet est censé servir la xénophobie, nourrir l’islamophobie, et surtout justifier des politiques migratoires racistes et restrictives. Les LGBT sont assimilés, " normalisés " par le mariage pour tous notamment. Le but de ces partis nationalistes favorables aux LGBT est donc d’opposer deux blocs. D’un côté, un occident éclairé, ouvert, homophile de l’autre des pays du sud rétrogrades, réfractaires aux libertés individuelles et autoritaires

La NVA, présente lors de la dernière Belgian Pride 

Cela illustre parfaitement cet homo-nationalisme. D’un côté la NVA, comme parti populiste soutient certains LGBT mais pas la diversité de cette communauté. Dans son plan " vivre-ensemble ", Zuhal Demir, l’ex-secrétaire d'Etat à l'Égalité des chances se servait d'une communauté pour en stigmatiser une autre car elle affirme que l'homophobie est davantage marquée chez les musulmans, oubliant l'homophobie ordinaire. Une autre illustration de cette stratégie est celle de Geert Wilders, le populiste néerlandais, chef du Parti pour la liberté (PVV) ouvertement homosexuel et hostile aux immigrés, selon lui porteur de mœurs conservatrices. Le leader du PVV affirme que les droits des minorités sont mis en danger par l'islam.

Dangers de l'instrumentalisation de la cause LGBT

Au-delà de cette instrumentalisation dont font l’objet les LGBT par les partis nationalistes de tout bord, le danger est que cela légitime au plus haut niveau des Etats une parole raciste, ou homophobe qui peut pousser des individus qui ne seraient pas passés à l’acte à se sentir désormais autorisés à le faire. Le Brésil est déjà le pays recensant le plus d’homicides envers les LGBT au monde. 2017 présentait un triste record : avec une hausse de 30 % des assassinats de gays, lesbiennes et transsexuels, atteignant les 445 homicides. Mais ces derniers mois, les agressions n’ont cessé de s’intensifier. Impossible de ne pas faire le lien avec les propos homophobes tenus par Bolsonaro.

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