Rue-de-la-Loi-sur-Seine

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

C’est le charme de la politique chez les autres, ce que chacun y puise, ce qui peut l’inspirer ou mieux (ou pire ?) encore ce qui pourrait lui être profitable. La présidentielle française fait ainsi quinquennalement tourner la tête des partis francophones belges.

Amis de mes amis

En 2007, Didier Reynders et tout le MR se précipitait à qui mieux mieux pour figurer sur la photo avec Nicolas Sarkozy. Le succès libéral en Wallonie juste dans la foulée de la présidentielle française doit sans doute un peu à l’engouement pour une "droite décomplexée".

En 2012, pourtant Premier Ministre en place, Elio Di Rupo avait pris la parole lors du meeting lillois de François Hollande, le PS était de la fête pour cette "revanche" sur Sarkozy.

MR et PS ont été bien plus discrets cette fois. Les libéraux ont pris largement leurs distances avec le parti de Nicolas Sarkozy, devenu infréquentable avec Fillon (pourtant chef du gouvernement du susnommé) en figure de proue.

Chez les socialistes, Hamon n’a suscité qu’un engouement timide par rapport aux candidatures Royal et Hollande. Parce que battu d’avance ?

Se placer sous la lumière

Puisqu’il y a une dynamique à prendre, chacun veut pouvoir prendre la roue, espérer bénéficier du succès français.

Le programme "ni droite, ni gauche" d’Emmanuel Macron ne pouvait qu’inspirer CDH et DéFI. Au MR, l’engouement est similaire même si on oublie que le favori a été ministre du socialiste François Hollande ou qu’il n’est pas question pour lui de repousser l’âge de la retraite à 67 ans ou de s’appuyer sur une droite forte et nationaliste.

Le PTB, comme Mélenchon, renvoie dos-à-dos le libéralisme social de Macron et le racisme de Le Pen. Le démocrate jugera mais les marxistes wallons espèrent aussi se placer dans la même démarche.

Finalement, seul le Parti Socialiste est quelque peu gêné aux entournures. Son favori, Benoît Hamon, a fait chuter son parti à un seuil quasi-historique, et ce, alors que le PS wallon est éreinté dans les intentions de vote, sur sa gauche. Cette fois, pour le PS, il est urgent de répéter que la Belgique n’est pas la France, que les échéances locales sont encore lointaines tout en faisant remarquer au passage que le PTB refuse de privilégier Macron plutôt que l’extrême-droite.

C’est finalement tout le défi de la social-démocratie européenne, bien au-delà des élections françaises. Le ton du 1er mai de ce côté-ci de Quiévrain est sans doute donné.

@PhWalkowiak

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