Rudi Vervoort ne supporte plus le Bruxelles-bashing

Pour ce dernier Jeudi en Prime (Jep) taille XL de l'année, c’est Rudi Vervoort (PS), le ministre-Président de la Région de Bruxelles-Capitale qui était sur le gril. Il est revenu sur l’actualité du jour, le refus du gouvernement fédéral d’avaliser en l’état le Pacte énergétique ainsi que les réticences de la N-VA sur la fermeture des centrales nucléaires en 2025, comme pourtant le prévoit la loi. Pour Rudi Vervoort, rien d’étonnant dans l’attitude de la N-VA. "Pour la N-VA, l’interlocuteur c’est le monde économique flamand, le patronat flamand. Il y a une véritable prise de pouvoir de la N-VA. Quand la N-VA siffle la fin de la récréation, tout le monde s’arrête. Longtemps, on a parlé d’un état CVP, maintenant il faut parler d'un état N-VA ".

L'imbroglio du stade national

Et puis, Rudi Vervoort est revenu sur la saga du stade national, l’Eurostadium, que voulaient construire la Région bruxelloise et la ville de Bruxelles à Grimbergen, sur un terrain flamand, appartenant à la ville. Objectif : accueillir les matchs de l’Euro 2020. Las, le projet a fait naufrage, coulé par les retards et les différents recours flamands. Du coup, prudente, l’UEFA a retiré ses billes : les quatre matchs de l’Euro 2020 migrent outre-Manche, à Wembley. Bruxelles est hors jeu. Et Rudi Vervoort n’envisage pas de plan B comme la rénovation du stade du Heyzel. "Ce n’est pas à l’ordre du jour, de toute façon il n’y a pas de budget pour cela. Et puis, il a toujours des demandes de permis en cours pour le parking C, la décision devrait tomber en janvier, même si pour 2020 oui c’est fini…. "

De toutes façons, le dossier du stade national a mal commencé pour le ministre-président bruxellois. "Dès le début, le feu n’a jamais été au vert, c’étaient plutôt des feux clignotants. Il faut dire qu’un stade national en territoire flamand, c’était plutôt mal parti… " Quant à désigner un responsable de ce fiasco ou quel pouvoir doit maintenant prendre la main, Rudi Vervoort n’a pas vraiment de réponse.

Bruxelles ma Belle

Le ministre-président bruxellois en a aussi marre des procès d’intention, du Bruxelles-bashing. "Non Bruxelles n’est pas la ville la plus embouteillée de Belgique, c’est d’abord Anvers, puis Bruxelles et puis Gand.  Anvers, une ville qui compte un seul bourgmestre et manifestement cela ne suffit pas à régler les problèmes de mobilité… "

Rudi Vervoort qui refuse de qualifier Bruxelles de capitale européenne du dysfonctionnement. "Déjà, il faut quand même savoir qu’il y a une identité bruxelloise, elle existe. Et les Bruxellois n’ont pas nécessairement une image négative de la ville. Le hic, c’est que dès qu’il y a un problème à Bruxelles, c'est tout de suite les grands mots, les grandes déclarations et on montre du doigt un problème de gouvernance ".

Reste que trois centimètres de neige ont réussi à faire sombrer la capitale dans le chaos en ce début de semaine. Des tunnels fermés plus longtemps qu’il ne faut, des épandages erratiques, si pas inexistant… La faute au profil de la ville ? Une administration pléthorique, mal-coordonnée ? Pour Rudi Vervoort, il y a certes de la marge de progression, il y a toujours moyen d’améliorer les choses en rationalisant les institutions régionales et communales, mais ce n’est pas pour autant qu’il faut revoir le modèle bruxellois de 19 communes, ni son statut. "Les Bruxellois doivent conserver le contrôle démocratique de la Région".

C'est donc une fin de non-recevoir du socialiste à ses homologues flamands. "Oui, on peut toujours faire mieux, mais vos projets de fusionner la Région et la ville dans une seule entité, non merci. Je ne dis pas que c’est parfait, mais le modèle actuel est un bon compromis, un compromis à la Belge qui peut évidement toujours être amélioré..."

Et comment ça va avec le MR ?

Interrogé par une internaute, Rudi Vervoort a confirmé que si le MR devait gagner à Bruxelles aux prochaines élections, pour lui sur le principe il n’y aurait — a priori — pas de contre-indication à ce que le PS s’associe avec le MR. "Le parti socialiste comme tous les partis traditionnels a vocation à exercer le pouvoir. Nous collaborons déjà avec le MR au niveau local, nous n’avons par définition aucune exclusive avant les élections. Maintenant, si vous me demandez qu’elle serait mon premier choix, ça c’est autre chose… " Rudi Vervoort qui entend bien être tête de liste aux prochaines élections communales à Evere, mais aussi — si le parti en décide ainsi — tête de liste aux régionales de 2019 pour pouvoir défendre son bilan.

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