Reynders, Onkelinx, Milquet,... une génération passe la main

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

C’est généralement le type de candidature que l’on annonce uniquement après avoir reçu des assurances de décrocher le poste. Didier Reynders comptait se dévoiler après le 10 janvier (date limite des candidatures) ; la VRT a manifestement bénéficié d’une indiscrétion au sein du gouvernement fédéral pour révéler la chose, contraignant le principal intéressé à confirmer un peu plus tôt que prévu.

Ambitions

Didier Reynders avait proclamé en 2006 son ambition de devenir bourgmestre de Liège, il aurait pu accéder au 16, n’avait pas écarté la présidence de la région bruxelloise et était surtout passé tout près d’un poste de commissaire européen en 2014, finalement dévolu à Marianne Thyssen, le CD&V lui coupant l’herbe sous les pieds.

Va donc pour ce poste de secrétaire-général du Conseil de l’Europe, certes politiquement moins en vue (qui connaissait l’actuel titulaire du poste ?) mais qui jouit d’un certain prestige, offre un prolongement à sa carrière diplomatique où il a tissé des liens qui lui seront désormais bien utiles. L’homme dispose assurément de l’étoffe du poste. A 60 ans, il n’obtiendra plus souvent ce genre d’opportunité.

Changement de génération

Après plus de 30 ans de carrière politique, l’actuel vice-premier MR a appris à être prudent : il ne quittera la scène belge qu’une fois ses nouvelles fonctions assurées. Avec lui, c’est aussi toute une génération (celle née aux environs de 1960) qui fait un pas de côté. Laurette Onkelinx (sa condisciple sur les bancs des auditoires de droit de l’Université de Liège) ne se représentera pas aux élections. Olivier Maingain (DéFI), né aussi la même année, se contentera du mayorat de Woluwé-St-Lambert. Isabelle Durant a déjà décroché un poste international, comme Yves Leterme. Joëlle Milquet reste évasive sur son destin tandis que Pieter De Crem vient de se raviser.

Bruxelles

La région-capitale va se voir privée en une seule fois de ses meilleurs faiseurs de voix. Le changement de génération risque d’y être radical, même si Didier Reynders devrait être candidat à la Chambre. Au MR, il y aurait déjà quelques réticences à le voir se présenter pour ensuite ne pas siéger.

Mais au MR, au cdH et dans une moindre mesure au PS, on cherche quelque peu la relève. Didier Reynders pesait en 2014 plus de 54.000 voix, là où ses colistiers Françoise Schepmans et Philippe Pivin en engrangeaient quatre ou dix fois de moins, tous les deux sortent en outre battus du scrutin communal.

Au cdH, il sera difficile de se passer des 20.000 voix de Joëlle Milquet, d’autant plus que la survie du cdH est menacée. Malgré son inculpation, elle pourrait se présenter. La succession d’Olivier Maingain (plus de 32.000 voix) reste floue. Enfin, Ahmed Laaouej emmènera la liste socialiste mais risque de connaître quelques difficultés à faire aussi bien que Laurette Onkelinx (plus de 41.000 voix).

Une génération passe progressivement la main…

@PhWalkowiak

 

 

Interview de Didier Reynders à propos de sa candidature au poste de secrétaire-général du Conseil de l’Europe

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