Relations tendues entre Emmanuel Macron et la presse

Emmanuel Macron
Emmanuel Macron - © Belga

Cette semaine a été marquée par la nomination du gouvernement. De l'avis général, casting réussi: parité, diversité, équilibre entre les cadres expérimentés et les jeunes pousses, entre les politiques et les ministres issus de la société civile. 

Au programme du gouvernement, très vite, une loi sur la moralisation de la vie politique, mesure très consensuelle, qui sera adoptée en conseil des ministres, avant les élections législatives des 11 et 18 juin. Avec ce sujet consensuel, il s'agit de se présenter sous le meilleur jour possible aux Français. Mais dans ces premiers pas, ce qui est très intéressant, c'est la méthode Macron : elle est aux antipodes de celle de François Hollande. 

Emmanuel Macron a imposé à ses équipes un culte du secret. Résultat: presque aucun nom des futurs ministres n'est sorti dans la presse. Seule une poignée de personnes étaient au courant. Et cette consigne de discrétion, le chef de l'Etat l'a rappelée hier lors du premier conseil des ministres. Il exige la discipline et la loyauté, pour reprendre ses termes. En creux, cela veut dire qu'il est hors de question d'assister à des querelles publiques entre ministres, comme ce fut le cas sous François Hollande. 

S'il y a conflit, il se règle en privé, par l'arbitrage du Premier ministre. Là encore, c'est une différence avec la méthode François Hollande, qui descendait beaucoup dans l'arène pour départager les membres du gouvernement. Emmanuel Macron, lui, veut se contenter de fixer le cap à moyen terme, avec une communication très rare et parcimonieuse. 

Par ailleurs, les relations entre la presse et l'Elysée sont tendues depuis quelques jours. La communication très verrouillée de la présidence provoque des mécontentements. Ainsi hier, tous les journalistes ont été évacués de la cour de l'Elysée, impossible de poser des questions aux nouveaux ministres, et même de faire des images. La seule photo de famille du gouvernement a été diffusée par l'Elysée. 

Ce verrouillage a créé un autre incident, à propos du déplacement d'Emmanuel Macron au Mali, ce vendredi. Tous les médias n'ont pas été autorisés à suivre le président, officiellement pour des questions de place. Plus grave, l'Elysée a été jusqu'à choisir lui-même, à l'intérieur des rédactions, qui serait du voyage... 

En protestation, une vingtaine de médias ont signé une lettre ouverte à Emmanuel Macron. TF1, Le Point, Médiapart, le Figaro et bien d'autres, font part de leur inquiétude quant à la liberté de la presse. Voilà qui annonce un quinquennat bien loin de celui de François Hollande, où de nombreux journalistes avaient un accès facile à l'Elysée. 

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