Régularisation des sans-papiers : impact positif sur l'emploi

Régularisation des sans-papiers : impact positif sur l'emploi
Régularisation des sans-papiers : impact positif sur l'emploi - © Tous droits réservés

En marge du visagate qui se joue aujourd’hui au Parlement, retour sur cette rumeur concernant une régularisation importante de sans-papiers chez nous, des bruits allant en ce sens courent sur les réseaux sociaux, également à l’étranger. Il s’agit d’une erreur de communication sur le site de l’Office des Etrangers, qui s’est répandue rapidement.

Conséquence de cette mauvaise communication : des avocats et différentes associations sont submergés par des demandes d’information alors qu’il n’y a aucune politique de régularisation en Belgique. Résultat : les filières criminelles se sont réactivées. De faux contrats de travail sont vendus afin de faire croire que ces personnes démunies recevraient un titre de séjour. Il n’en est rien évidemment.

Associations et avocats remettent sur la table le dossier des régularisations et plaident pour une opération qui soit balisée

L’avocat Georges-Henri Beauthier plaide pour une régularisation des familles dont les enfants sont scolarisés depuis deux ans en Belgique, ou qui disposent d’un contrat de travail en bonne et due forme tel que reconnu par l’une des Régions. 

Vivre sans titre de séjour inclut de grandes difficultés d’accès aux soins de santé et au logement et une vulnérabilité accrue face à des employeurs peu scrupuleux sur marché du travail au noir. Ces pratiques déloyales des employeurs représentent à la fois une perte de revenu pour les immigrés et leurs familles mais également pour les pouvoirs publics qui ne perçoivent ni impôt ni cotisation sociale pour les prestations de ces travailleurs.

En intensifiant les contrôles migratoires, le nombre de places dans les centres de détention (en ce compris des places à destination des familles), de véritables drames humains se jouent en séparant des familles et en renvoyant des individus vers des pays où leur vie est parfois en danger ou avec lesquels ils n’ont plus aucun lien en raison de leur présence de longue durée en Belgique.

La Belgique a par le passé, choisi la voie de la régularisation par deux fois depuis les années 2000.

Les mobilisations des sans-papiers eux-mêmes mais aussi de la société civile en général ont joué un rôle crucial pour convaincre les autorités de s’engager dans cette voie. En janvier, une soixantaine d’associations se sont mobilisées et ont manifesté pour une justice migratoire. Le contre argument souvent entendu, est que les immigrés prendraient la place des « vrais belges » dans l’emploi.

En fait, une politique de régularisation des sans-papiers, favorise contrairement aux idées reçues, l’intégration des étrangers sur le marché du travail et cela a un impact positif ou nul sur l’emploi et un impact positif sur les finances publiques. Les recherches s’accordent aussi sur le fait que, qu’il n’existe aucun lien automatique entre l’immigration et le chômage.

Le volume de l’emploi global n’est pas figé. Avec l’arrivée de nouveaux habitants, la taille du gâteau grossit puisque les immigrés sont également des consommateurs. En plus de nombreux immigrés créent leurs propres emplois et génèrent de ce fait d’autres emplois. Exemple : le maire Domenico Lucano devenu célèbre pour être parvenu à combiner accueil des réfugiés et la relance économique de son village déserté par les habitants. Il a réussi à redonner une nouvelle vie à Riace, grâce aux immigrés.

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