Réforme bancaire : les banques ont-elles gagné la bataille de la crise ?

Réforme des banques : où en est-on ?
Réforme des banques : où en est-on ? - © RTBF

Ce devait être le grand oeuvre de l'après crise bancaire : l'Union européenne allait s'employer à empêcher les banques d'encore faire trembler l'Europe sur ses bases. Cinq années après le déclenchement de la crise, le bilan est contrasté. Des choses ont été faites, certes, comme la limitation des bonus des banquiers, ou l'amorce d'une union bancaire et d'une meilleure surveillance des banques européennes. Mais l'impression qui domine est que le lobbying des banques et de certains Etats ont conduit à vider une partie de la réforme de sa substance. Y a-t-il encore moyen de peaufiner le bilan ? Quelles sont les réussites, quels sont les échecs ? Les réponses sont au cœur du débat que nous avons organisé.

Pour de nombreux citoyens européens, la crise bancaire s'est traduite par les mesures d'austérité commandées par les dérapages des finances publiques, elles-mêmes mises à contribution pour "sauver les banques". Car certaines d'entre elles "trop grosses pour faire faillite" menaçaient d'emporter purement et simplement des Etats dans leur chute...

"Plus jamais ça!", avait-on dit. Un catalogue de mesures ambitieuses avait été dressé, porté notamment par les députés européens dans le cadre de la commission spéciale sur la crise économique, financière et sociale. Du travail a été abattu, certes. Des mesures ont finalement été adoptées mais certaines sont restées au milieu du gué. Où est passée la taxe sur les transactions financières ? Qu'en sera-t-il finalement de la séparation des activités bancaires ?

Le monde bancaire se défend : là où d'aucun sont tentés de voir la volonté farouche des banquiers de reprendre coûte que coûte l'autonomie perdue, ils répondent complexité et nécessité de demeurer compétitifs... Des réformes, oui, dit-on sur le banc des banques, mais pas n'importe lesquelles et pas à n'importe quel prix. En face, on s'impatiente, mais face au jeu trouble des Etats -la France, l'Allemagne, mais aussi la Belgique- on se sait plutôt impuissants...

Les citoyens européens, par exemple ces Espagnols forcés de quitter les logements saisis par leurs banques, ne verront peut-être de la réforme que cette seule éclaircie : la prochaine fois qu'ils emprunteront de l'argent pour s'acheter un logement, leur banquier sera tenu de mieux les informer sur les risques encourus...

Pour dénouer les fils de ce débat qui fut l'un des plus ardus de la législature européenne, nous avons réuni les députés européens Philippe Lamberts (Verts) et Jean-Paul Gauzès (PPE) ainsi que le Chef exécutif de la Fédération Européenne des Banques, Robert Priester, et le représentant de l'ONG de surveillance du secteur financier Finance Watch, Benoît Lallemand. Ils ont dressé l'état des lieux, et fait le constat des écueils que cette réforme doit encore éviter.

T.N.

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