Racisme ordinaire à la N-VA

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

Chassez le naturel…

Le ministre-président flamand, Jan Jambon (N-VA) relaie et cautionne lors d’une conférence les allégations selon lesquelles une famille de réfugiés peut très bien se payer une maison rien qu’avec les allocations familiales perçues.

Rien n’est plus faux, bien sûr. Mais faut-il encore s’en étonner ?

Blok

Jan Jambon se trouve parmi les fondateurs de la section Vlaams Blok de Brasschaat, auxquels sont associés également Filip Dewinter et Gerolf Annemans. Jan Jambon est bourgmestre de la localité depuis les élections de 2012. Il n’a jamais renié cet engagement comme d’ailleurs sa participation régulière à des réunions en hommage aux collaborateurs des nazis sur le Front de l’Est. Par la suite, il dira que les collaborateurs avaient leurs raisons.

Même ministre, il arrange la réalité comme quand il prétend qu’une partie significative de la communauté musulmane a dansé à l’occasion des attentats. Il n’a jamais pu rien prouver, mais déjà à l’époque il fallait dire ce qu’une partie de l’opinion a envie d’entendre. Peu importe la réalité.

Jan Jambon continue à faire du Jan Jambon.

Belang

Lors de la dernière législature fut servi un discours selon lequel la N-VA était bel et bien un parti comme les autres, même si les dérapages et recadrages à répétition de Theo Francken entretenaient le doute. Il s’est même trouvé un Premier Ministre pour estimer benoîtement s’ être trompé sur la N-VA, jusqu’à ce que son gouvernement se fracasse sur le Pacte des Migrations brandi par la N-VA et son parti encaisse dans la foulée sa plus lourde défaite depuis 30 ans.

Si les nationalistes paraissent avoir donné le change, depuis un an, ils font le jeu de leurs lointains cousins du Vlaams Belang. La N-VA a mis le thème de la migration au cœur de la campagne flamande, a subi un revers électoral au profit du Vlaams Belang qu’elle a ensuite courtisé tout l’été avant de mettre un programme gouvernemental flamand de repli identitaire.

Plus que jamais, le parti de Bart De Wever joue la carte du " eux " contre " nous ". Par ailleurs, il semble tout faire pour ne pas intégrer le prochain exécutif fédéral. Il prépare déjà la phase suivante : N-VA et Vlaams Belang canardant de concert le futur gouvernement fédéral, forcément contraire aux intérêts de la Flandre.

Mais à ce petit jeu, l’électeur préfère généralement l’original à la copie. Un récent sondage assure un triomphe au Belang. La N-VA prépare le futur succès de l’extrême-droite en Flandre, bien plus qu’il n’assure le sien.

@PhWalkowiak

 

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