Quotas de femmes en politique: un mal nécessaire?

Quotas de femmes en politique: un mal nécessaire?
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Le principe de la tirette est d’application pour les élections communales qui approchent. Petit rappel : il s’agit d’une alternance stricte entre femmes et hommes sur les listes électorales.  Les quotas, pour l’égalité sont un mal nécessaire. Avant, c’étaient surtout des candidats masculins qui trustaient le haut des listes, tandis que les femmes étaient reléguées au fond. Mais il y a ceux qui disent ne pas trouver de femmes pour les listes.

Pourquoi ne pas se saisir de cette question pour repenser la vie politique et inclure les femmes? Tournons-nous un instant vers le Québec, où des élections ont eu lieu le 1er octobre.  On a assisté à la percée du parti Québec Solidaire qui intègre la dimension "genre" dans son ADN et pas juste au moment des élections.

Dans ce parti, toutes les instances, les commissions et les délégations sont paritaires. Si une délégation locale a droit à quatre personnes et qu'il manque une femme, il n'est pas question de la remplacer par un homme mais, pour respecter la parité, la délégation est réduite à deux personnes. 

Démocratie rime avec égalité

Avoir une gouvernance au diapason d’une société démocratique  passe par plus d'égalité. Les femmes représentent 51 pourcents de la population avec des problématiques spécifiques. Le parti Québec solidaire est proche de leurs réalités.

Sur le plan social, il va au-delà de principe "à travail égal salaire égal",  et parle "équité salariale", où l'on prend en considération le " travail de valeur égale " : il s'agit de combattre le phénomène bien connu des rémunérations plus basses dans les secteurs féminisés.

Peut-être que si les partis intégraient cette dimension "genre" à tous les niveaux de l’organisation, programme, structure interne etc, il y aurait plus de femmes en politique, et elles se sentiraient moins instrumentalisées au moment des élections.  

Les femmes font de la politique différemment

Une étude sur des données en Inde, a montré que les élus ont tendance à mettre en oeuvre les projets importants pour les personnes de leur sexe. Autre approche dans la sphère privée, les économistes voient aujourd'hui les ménages comme une association d’intérêts pas forcément convergents.

Ainsi, dans les pays pauvres, les femmes ne font pas les mêmes choix que les hommes. Lorsqu'on leur accorde une subvention, elles investissent dans la santé et l'éducation de leurs enfants, alors que les hommes accroissent leurs investissements et leur consommation personnelle. 

L'autocensure des femmes en politique

Les femmes se posent encore trop souvent la question de leurs compétences et ne se sentent pas toujours légitimes. Mais le milieu politique reste hostile aux femmes. Rappelons-nous que plusieurs femmes ont décidé de quitter la vie politique.

On peut néanmoins tabler sur l’effet positif des quotas pour contribuer à briser les plafonds de verre qui perdurent. Enfin, tirette ne veut pas dire égalité parfaite, les hommes prennent largement la main pour les têtes de liste: même pas une tête de liste sur quatre est une femme. 

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