Questions à la Une: peut-on arrêter de travailler à 40 ans ?

Et si on arrêtait de travailler avant l’âge ? Selon une récente étude d’Agilitas (anciennement T-Interim), un Belge sur deux se sent mal dans son travail. Les jeunes de moins de 34 ans sont particulièrement touchés. Alors pour s’éviter une carrière pénible, certains décident d’arrêter plus tôt.

Certains y arrivent même très tôt. La veille de ses 30 ans, Marc a démissionné de son travail dans un service clientèle. Il a donc travaillé… trois ans et demi. Diplômé en traduction, il ne trouvait pas sa vocation et a donc décidé d’accepter cet emploi à Paris avec une idée derrière la tête : arrêter le plus vite possible. "Je me suis dit que j’allais ‘purger ma peine’, que j’allais prendre ce boulot, même s’il n’était pas très reluisant et qu’il ne m’attirait pas, pour profiter des avantages d’un CDI. J’ai fait deux emprunts pour acheter deux appartements que j’ai mis à louer et j’ai obtenu un logement de fonction qui me coûte 550 euros par mois au lieu de 1200."

 

Finalement, il a même pu arrêter plus vite que prévu, grâce à une source de revenus inattendue: son blog. Depuis toujours, Marc est réputé parmi ses amis pour être l'homme des bons plans. Bons de réductions, voyages à moindre prix, sondages rémunérés...

Il a de nombreuses astuces pour gagner de l'argent, qu'il a lui-même appliquées pour en arriver là. Et quand on lui demande s'il se considère comme un radin, il admet: "Je l'ai été pendant un moment. Mais quand on est au RSA (CPAS) et qu'on gagne 400 euros par mois, on est bien obligés". Ces astuces, il a donc commencé à les partager sur son blog, Radin Malin. Rapidement, c'est le succès. Aujourd'hui, la pub présente sur son blog lui rapporte 2 à 3000 euros par mois. C'est cet argent qui lui a permis de remettre sa démission début 2019.

Fils de parents endettés, passé par plusieurs années de chômage, Marc sortirait presque d'un rêve américain. Tout le monde peut-il y arriver pour autant? "Il y a un facteur chance, mais en se renseignant bien, en ayant de la volonté, je suis la preuve qu'on peut y arriver même en venant d'un milieu modeste.", affirme Marc. 

Un courant de plus en plus populaire : le frugalisme

Parmi ceux qui visent la retraite anticipée, nombreux sont ceux qui suivent les préceptes du frugalisme. Trois principes maîtres régissent leur vie : augmenter ses revenus, en prenant par exemple un deuxième travail, économiser le plus possible, et investir l’argent économisé dans l’immobilier, dans des actions… L’objectif : se constituer un capital, qui leur rapportera de plus en plus d’argent et qui, à terme, leur permettra de vivre sans avoir besoin d’un salaire, d’être "financièrement indépendant".

Vincent, 28 ans, a choisi de suivre ce chemin. Depuis un peu moins d’un an, il a découvert le frugalisme en faisant des recherches sur internet. Depuis, il a lancé un blog, Fight to Fire (Fire est l'acronyme anglais qui désigne le frugalisme), dans lequel il détaille ses méthodes personnelles pour arriver à la retraite anticipée, qu’il espère atteindre entre 40 et 45 ans. Lui a choisi la Bourse pour faire fructifier son argent. "Il faut faire travailler l’argent, explique-t-il. On n’a que 24h dans une journée, et on ne peut pas travailler pendant ces 24h. Il faut donc trouver un moyen d’activer son argent, pour qu’il travaille à notre place".

Pour ce qui est de l’économie, Vincent a un gros avantage : ses parents le laissent encore vivre à la maison, alors qu’il travaille depuis 6 ans déjà. "C’est une facilité, je ne dois rien faire, je ne dois pas cuisiner, et en plus financièrement c’est avantageux. Donc tant qu’on ne se dispute pas, que tout se passe bien, je n’ai aucune raison de partir", confie-t-il. Et on comprend mieux en voyant ses statistiques: sur l'année 2018, il a économisé 76% de ses revenus. Habiter chez ses parents aide évidemment beaucoup pour atteindre un tel taux. 

Économiser son argent, ne pas dépenser inutilement, c’est la pierre angulaire du mode de vie frugaliste. Le mot n’est d’ailleurs pas choisi par hasard: l’idée est de vivre de manière frugale, avec le strict nécessaire, pour économiser plus rapidement, et amasser plus facilement de l’argent. Et pas question de changer une fois la retraite atteinte. Les frugalistes continuent à vivre de la même manière une fois qu’ils ont quitté leur boulot.

Ainsi, il leur faut moins de réserves, et ils peuvent donc arrêter plus vite. De toute façon, ce qui les intéresse n’est pas la richesse, mais la liberté. "Plus tard, je veux pouvoir faire ce que je veux vraiment. Je veux être libre, ne pas devoir absolument aller travailler pour avoir de l’argent", précise Vincent, qui avoue tout de même qu'il n'est pas certain d'y arriver. "Je fais mon maximum, mais je sais qu'il est possible que ça ne fonctionne pas. Alors j'essaie, contrairement à d'autres frugalistes, de profiter quand même de la vie. Je ne me prive pas de tout, je pars encore en voyage de temps en temps, je vais au cinéma... Je fais seulement attention à faire un peu moins les choses que j'aime mais qui coûtent cher. Mais si je n'atteins pas mon objectif, j'aurai quand même profité de la vie".  

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