Que restera-t-il de ces communales?

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

Ça y est… vous connaissez le nom de votre nouveau bourgmestre… ou presque. Cela négocie aussi çà et là pour " monter " des coalitions, élargir des majorités absolues voire même pour remplacer des députés ou des ministres. Les élections communales et provinciales sont derrière nous mais elles ne délivrent que progressivement leurs enseignements et leurs conséquences.

Déni de réalité

Les trois vieux partis francophones encaissent le coup. Mal. Ils essaient bien de faire croire (ou pire, en sont persuadés) que tout va bien pour eux.

Au Parti Socialiste, on est tout heureux d’avoir gardé ses principaux bastions. Ce qui est la réalité, mais à quel prix ?! Avec 25% des voix en Wallonie, il tombe à son plus bas depuis sa fondation. Il maintient ses positions grâce à l’éparpillement des voix. Pour la première fois aussi, le PS est minoritaire dans le camp des " progressistes ". Dans la longtemps rouge province de Liège, la " gauche non-socialiste " pèse désormais plus lourd que le PS ![1] Historique. C’est le paradoxe de ce scrutin : la Wallonie n’a jamais autant pesé à gauche avec des socialistes aussi faibles !

Le MR sort groggy du scrutin. La direction du parti se borne à compiler le nombre de bourgmestres et feint de ne pas voir la réalité bruxelloise. Les trois leaders du MR ont déserté les communales. Charles Michel et Didier Reynders se sont retirés du jeu ; leur présence n’aurait sans doute pas non plus changé les (mauvais) résultats à Wavre et Uccle. Le président du parti n’aura même assuré le service minimum. A Charleroi, Olivier Chastel n’a recueilli que 1542 voix (dernier de liste) pour 6543 en 2012 et … 17025 en 2006 (tête de liste et au moment des affaires) !  Dans les cinq principales villes wallonnes (Charleroi 11,2%, Liège 17,9%, Namur 13,1%, La Louvière 13,1% mais 21,5% à Mons sous une autre étiquette), les libéraux stationnent très loin de leur moyenne wallonne. Le MR devient un parti des champs qui présente même quelques signes de faiblesse dans " son " Brabant Wallon. Difficile de gagner un scrutin dans ces conditions.

Le cdH se targue de succès … qui ne sont pas les siens. Les démocrates-humanistes ne se présentaient sous leurs couleurs que dans 24 communes, avec de belles confirmations à Mouscron et Namur. Ailleurs, c’était le plus souvent en cartel et sous appellation locale. Dans les provinces de Hainaut (10%), de Liège (8,9%) et Brabant Wallon (8,8%), soit 80% de la Wallonie, le cdH est en passe d’être rayé de la carte !

Ces partis aimeraient croire que les percées d’ECOLO et du PTB ne sont que feux de paille. Rendez-vous le 26 mai pour le savoir. Des réveils risquent d’être douloureux. Cela s’appelle… prendre la réalité en pleine figure.

 

@PhWalkowiak

 

 

[1] ECOLO 16,29% + PTB13,40%= 29,69% pour 24,63% au PS.

 

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