Quand Liesbeth Homans (N-VA) "atteint le niveau d'un troll" sur Twitter

Joyce Azar, journaliste à la VRT
Joyce Azar, journaliste à la VRT - © Tous droits réservés

La Belgique francophone est habituée aux frasques numériques du secrétaire d’Etat Theo Francken (N-VA). Mais, barrière linguistique oblige, elle connaît moins celles de sa partenaire de parti, Liesbeth Homans. Comme le racontait ce mercredi Joyce Azar dans sa chronique "vu de Flandre", la "twittosphère" flamande a assisté le week-end dernier à une violente prise de bec impliquant l'élue N-VA. Ce n’est pas la première fois que celle-ci se lâche sur les réseaux sociaux.

>>> A lire aussi: L'art de créer la polémique sur les réseaux sociaux selon Theo Francken

Pour ceux à qui ce nom ne dit pas grand chose: Liesbeth Homans est vice-ministre-présidente flamande, chargée des Affaires intérieures, de l’Intégration, du Logement, de l’Egalité des chances et de la Lutte contre la Pauvreté. Outre ces multiples compétences, elle est aussi connue en Flandre pour ses tweets cinglants.

Clash avec Unia

Il y a deux semaine, elle s’en prenait à la présidente du centre pour l’Egalité des chances (Unia), lui recommandant, après un échange tendu sur le manque de diversité dans les clubs de sport flamands, "d’en venir aux faits ou de se taire".

Le week-end dernier, nouvelle querelle, cette fois avec l’ancienne fonctionnaire flamande à la diversité, que Liesbeth Homans a licencié il y a quelques mois. Un règlement de compte amer sur fond de procédures judiciaires qui a suscité l’amusement, mais aussi l’exaspération des internautes flamands.

Du côté des autres responsables politiques du nord du pays, l’indignation est surtout venue de l’opposition. "Liesbeth Homans atteint sur Twitter le niveau d’un troll", a lancé le chef de groupe SP.A, Joris Vandenbroucke.

Demande de rappel à l'ordre

Pour son collègue de Groen, la ministre a adopté "une fâcheuse habitude qui n’est pas digne du gouvernement". Les deux partis ont demandé au ministre-président flamand de rappeler sa ministre à l’ordre, comme Charles Michel a pu le faire avec Theo Francken. Mais Geert Bourgeois a préféré garder ses distances, soulignant qu’il ne désirait pas s’exprimer sur des discussions qui ont lieu sur les réseaux sociaux.

Ce genre de comportement sur les réseaux sociaux est-il bénéfique aux responsables politiques ? C’est la question que se posent les quotidiens De Morgen et De Standaard, suite à cette affaire. Le professeur en communication politique, Philippe De Vries, estime qu’une telle attitude peut séduire les partisans qui aiment voir leurs représentants prendre des positions tranchées.

Selon le sociologue des technologies, Ben Caudron, les sondages ont montré que le ton acerbe de Theo Francken a clairement joué en sa faveur.

Pas sûr toutefois que Liesbeth Homans parvienne à tirer le même profit que son collègue du fédéral. Il faut dire que depuis son entrée au gouvernement flamand, la ministre a pris un sacré coup en terme de popularité. Alors qu’il y a quelques année encore, elle était considérée comme le bras droit de Bart De Wever, elle n’est aujourd’hui même plus sûre d’obtenir une place sur la liste N-VA des communales à Anvers. Les prochains mois nous diront si cette situation calmera, ou non, ses ardeurs sur Twitter.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK