Quand le PS coule...

Philippe Walkowiak
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Philippe Walkowiak - © RTBF

Inaudible. Quoi qu’il fasse, quoi qu’il dise, le Parti socialiste ne sait plus, ne peut plus, n'arrive plus à convaincre. Simple constat.

En octobre 2005, lors d’un congrès à Nivelles, Elio Di Rupo proclamait qu’il en avait "marre des parvenus", qu’il les traquerait lui-même ces parvenus. Près de douze ans plus tard, sa sentence résonne dans le vide, même si, et c’est un comble, beaucoup a été fait pour ce qu’il est convenu d’appeler la "bonne gouvernance".

Rien compris

Mais qu’a-t-il pu se passer dans l’esprit d’Yvan Mayeur, bourgmestre de la capitale depuis 2013 et de Pascale Peraïta, présidente du CPAS, pour s’octroyer de tels sursalaires ? Qu’allait faire le bourgmestre d’une grande ville dans une asbl ? Pourquoi la responsable de l’action sociale estimait que cette action était en supplément de ses activités ? Des politiques hors sol.

A la présidence du parti ou de la fédération que savait-on ? Soit Elio Di Rupo et Laurette Onkelinx savaient, soit ils ne savaient pas et dans les deux cas, c’est grave. Les affaires qui minent le parti depuis Agusta-Dassault, il y a plus de 20 ans, leur ont pourtant appris à être hyper-prudent, à "screener" finement chaque élu en vue. Un coup d’œil annuel sur le site de Cumuleo suffit.

A tous les étages, le sac et le ressac des affaires rongent le parti ; de la Carolorégienne à Publifin en passant par ISPPC ou une grève au finish sans une asbl sociale boraine complice des agissements d’une directrice, compagne d’un cacique local en vue.

La colère de la base

Le "peuple socialiste" grogne quand il n’a pas décidé de tourner le dos au parti face à ce qu’il ressent comme une inertie.

Lors de la "rencontre participative" de samedi dernier, dans le huis-clos d’une salle bruxelloise, le président du parti a pu s’en rendre compte : la base veut des gestes forts, loin des demi-mesures ou des discours incantatoires (cf. parvenus supra). Cette base voit la déliquescence actuelle, qui a commencé bien avant Publifin. En 2010, les socialistes récoltaient encore 37% des voix en Wallonie pour 32% lors du dernier scrutin (2014), 25% dans notre baromètre diffusé fin novembre, juste avant le scandale Publifin et donc 20% des intentions de vote wallonnes en mars. Le bateau prend l’eau.

Certes, un ministre a démissionné même si finalement dans l’affaire, il apparaît maintenant comme portant assez peu de responsabilités. André Gilles, exclu du parti, reste actif chez Nethys et Stéphane Moreau qui a préféré quitter le navire, demeure soutenu par les socialistes d’Ans.

La nouvelle affaire du Samusocial bruxellois pourrait être l’affaire de trop, celle qui risque de ramener le PS d’ici au niveau de son homologue français.

"Il y a un manque de renouveau au Parti socialiste", constatait récemment Paul Magnette.

De son côté Elio Di Rupo estime quant à lui qu’il dispose de la légitimité nécessaire pour entreprendre ce renouveau. La base doute, elle lui a fait comprendre et réclame des mesures fortes immédiates.

Les chaloupes ne sont pas encore à la mer, mais le bateau socialiste prend dangereusement de la gîte, sans boussole dans la tempête des affaires.

 

@PhWalkowiak

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