Quand l'ULB ausculte le vote des Wallons

Quand l'ULB ausculte le vote des Wallons
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Cette analyse du vote, effectuée par une équipe de l’ULB, a été effectuée via un questionnaire à la sortie des urnes auprès de 3400 votants en Wallonie et pondérée avec les résultats réels de l’élection. Cela nous permet d’avoir une idée plus précise de ce qu'il s’est passé. Comment ont voté les jeunes ? Quel est le profil des électeurs par parti ? Quel parti a piqué des voix aux autres ? L’étude était déjà sortie pour Bruxelles, pas encore pour la Wallonie.

Les jeunes, clé de l’élection

Alors d’abord, le vote des jeunes, en particulier ceux qui ont voté pour la première fois. À Bruxelles, il a été décisif car les jeunes se sont massivement désintéressés des partis traditionnels et ont voté PTB et Ecolo. Ecolo qui parvient à ne pas apparaître comme un parti traditionnel alors qu’il a déjà été associé au pouvoir.

En Wallonie, c’est moins vrai. Le premier parti chez les primo-votants est le PS, puis le MR, ensuite seulement Ecolo, le PTB, les votes blancs, et enfin le cdH qui fait un très mauvais score chez les plus jeunes. En réalité, le dégagisme, le rejet des partis traditionnels, on le retrouve surtout dans la tranche d’âge des 24-40 ans, les jeunes qui ont déjà voté. C’est là que le PTB et Ecolo scorent. Chez les plus de 40 ans, ça se normalise et par contre les plus de 55 ans plébiscitent les partis traditionnels, en particulier le PS. Si le PS ne s’effondre pas, c’est surtout grâce aux électeurs de plus de 55 ans.

Autre élément intéressant, l’étude confirme que les électeurs les plus diplômés ont voté MR et Ecolo, qui ont donc sur ce point, le même profil d’électeurs. Le PS et le PTB sont plus performants sur les électeurs les moins diplômés. Si on analyse les motivations des électeurs, on retrouve encore un profil PS/PTB ce sont les électeurs pour qui la première préoccupation c’est le social, le vote à gauche… L’augmentation des salaires. C’est très affirmé. Alors que le vote Ecolo est très différent… de manière très significative, près de la moitié des électeurs d’Ecolo vote vert d’abord pour une préoccupation environnementale.

Ce qui veut dire que le PS et le PTB se disputent le même profil d’électeurs qui partagent largement les mêmes préoccupations. Ils sont en concurrence frontale alors qu’Ecolo touche une cible assez différente.

Les transferts de voix

C’est évidemment la partie de l’étude la plus scrutée par les partis. Alors première constatation, à Bruxelles, Ecolo est parvenu à attirer beaucoup d’électeurs du PS (20% des électeurs du PS en 2014) et du PTB. C’est beaucoup moins le cas en Wallonie. En réalité dans le sud, Ecolo attire surtout des électeurs cdH, des électeurs MR puis seulement PS et PTB.

En gros, à Bruxelles, Ecolo a bâti sa progression sur les voix de gauche et a siphonné le PS. En Wallonie, c’est beaucoup moins le cas, Ecolo doit une bonne partie de sa progression aux voix du centre. Et ça, c’est un élément que les mandataires cdH auront bien en tête quand ils vont devoir tout à l’heure dire oui ou non à la note coquelicot. Veulent-ils faire réussir ceux qui ont siphonné leurs voix ou les faire échouer ?

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