Quand l'UCL pisse sur les barricades de l'ULB

L’actualité a des airs de retour de guerre scolaire

A tout le moins des tensions entre le pilier laïque d’un côté et le pilier chrétien de l’autre. Cela ne concerne pas l’école mais l’enseignement supérieur. Deux dossiers se percutent dans l’actualité. Le premier dossier c’est celui de la fusion entre l’UCL et Saint Louis à Bruxelles. Une fusion qui est prise comme une gifle par l’ULB, et aussi par l’ULG et l’Umons. Les trois recteurs signent une carte blanche ce matin dans Le Soir pour dénoncer je cite “une remise en cause majeure du paysage universitaire francophone”.

Les arguments des universités laïques

L’argument principal, c’est qu’il existe un décret, un décret signé Jean Claude Marcourt, PS, qui organise l’enseignement supérieur en Cinq pôles géographiques. Bruxelles, Liège-Luxembourg, Hainaut, Louvain, Namur. Cinq pôles où les universités et hautes écoles sont priées de collaborer entre elles pour éviter les concurrences entre établissements. La fusion UCL-Saint Louis serait donc un bras d’honneur à ce décret. Dit autrement, l’UCL est accusée de venir pisser dans le territoire des autres.

Les arguments de l’UCL

Ils disent que c’est leur droit constitutionnel, que c’est leur droit le plus strict de choisir avec qui ils veulent travailler ou fusionner. N’importe où de Louvain à Mons en passant par Bruxelles. C’est d’autant plus important pour eux que Louvain-la-Neuve n’est pas une grande ville. Dit autrement, l’UCL juge que Jean Claude Marcourt et les universités laïques veulent créer des barricades, des prés carrés pour sauvegarder l’influence laïque et limiter autant que possible l’influence catholique. Et oui on est bien en 2017.

La quatrième année d’étude des enseignants, nouvelle pomme de discorde

Prenez les mêmes et on recommence. Vous avez sans doute entendu parler de cette quatrième année d’étude pour les enseignants. Ce sera une année d’étude organisée par les universités. Qui vont donc devoir collaborer avec les hautes écoles, co-diplômer comme on dit.

Or le pôle laïc (et le PS) souhaite une nouvelle fois que ces collaborations soient régionales, les hautes écoles de Liège avec l’ULG, celle de Bruxelles avec l’ULB. L’UCL (soutenue par le CDH) veut pouvoir co-diplômer librement avec qui elle veut, et préfère le critère philosophique au critère régional.

Toute cette tension se retrouve incarnée par les meilleurs ennemis PS et cdH qui ont donc deux œufs à peler pour les prochaines semaines. Deux dossiers, deux vieux clivages, deux partis. Cela veut dire une grosse tension à venir, mais aussi puisqu’il y a deux dossiers qu’un donnant-donnant est possible.

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