Quand De Wever délaisse la Flandre pour la Belgique de papa

Quand De Wever délaisse la Flandre pour la Belgique de papa
Quand De Wever délaisse la Flandre pour la Belgique de papa - © Tous droits réservés

Après avoir répété des années durant, que la Flandre ne pouvait être tenue en otage par la Belgique, que le niveau fédéral ne pouvait dicter sa conduite à la politique flamande, Bart De Wever a donc décidé d’attendre l’évolution des négociations belgo-belges avant d’avancer dans sa chère Flandre.

Dans un fauteuil

En Flandre, la N-VA joue sur du velours : incontournable dans une future coalition, le poste de ministre-président pour Bart De Wever garanti et le loisir de choisir ses partenaires. Cela valait la peine de mettre les négociations flamandes sur " Pause " d’autant que personne ne veut du Vlaams Belang, le " nouvel ami " de Bart De Wever et que la N-VA entend être partie prenante au fédéral.

C’est effectivement à ce niveau-là que la situation est plus délicate pour le président de la N-VA. Il existe une certaine pression, essentiellement francophone, pour constituer une majorité fédérale très large. En Flandre, Open VLD et CD & V, les alliés de la précédente législature, n’ont pas formellement rejeté l’idée. En suspendant les négociations flamandes et en les liant à ce qui se passe au niveau fédéral, Bart De Wever entend garder la pression sur ses ex-partenaires, se réservant le luxe de récompenser/punir l’un ou l’autre.

Le rêve confédéral

Longtemps, les coalitions régionales/communautaires n’étaient que le simple décalque de ce qui avait été négocié au fédéral. 2014 a bousculé tout cela et l’éclatement des électorats le 26 mai dernier complexifie les formations.

Les deux premiers partis du pays, leader chacun dans sa communauté, ne se parlent pas. Le PS ne veut pas, la N-VA uniquement pour discuter confédéralisme. Fin juillet, les deux informateurs royaux indiqueront au roi si les points de vue se rapprochent, ou pas.

En tirant le frein à main en Flandre, Bart De Wever dévoile son intérêt pour le gouvernement fédéral. La N-VA a mené campagne sur la migration et les indispensables réformes économiques, deux compétences toujours fédérales.

La N-VA se retrouve obligée de discuter avec le PS, qui n’entend pas à ce stade, négocier avec les nationalistes.

Bart De Wever s’intéresse donc à la Belgique, sachant que si aucune solution n’intervient, il pourra remettre sur la table la cogestion du pays à partir des régions/communautés. Cela vaut bien la peine d’attendre un peu et de ne pas disposer d’un gouvernement pour la fête " nationale " flamande du 11 juillet.

 

@PhWalkowiak

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