Publifin: la trouille pour moteur

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

Depuis jeudi, c’est le déferlement des mesures de "bonne gouvernance", la foire aux bonnes idées, la surenchère dans le "nettoyer plus propre"… même au temps des affaires carolorégiennes, on n’avait pas été si loin. Le tout, comme si personne ne savait, si aucun parti n’avait jamais rien vu et découvrait Nethys et les montages de Stéphane Moreau.

Aux innocents, les mains pleines

Cela fait 10 ans que Tecteo existe, que Stéphane Moreau en est le directeur et que André Gilles (PS), Georges Pire (MR) ou Dominique Drion (cdH) en assurent la protection politique au nom de la Province de Liège. Durant cette même période des dizaines d’administrateurs des trois couleurs ont bénéficié des largesses de l’intercommunale. En 2009, beaucoup ont préféré regarder ailleurs quand Tecteo a intégré Fourons pour devenir intercommunale bi-régionale, échappant à la tutelle de Namur. Paul Furlan a négocié avec la Flandre, alors que Tecteo, Stéphane Moreau et les représentants des trois partis susmentionnés se dépêchaient de transformer Tecteo en coquille aussi vide que généreuse de Plublifin qui confiait toutes ses missions à la S.A. Nethys via même une autre S.A. écran (on n’est jamais trop prudent) Finanpart.

Tout cela était connu de tous, les ébahissements d’aujourd’hui sonnent faux.

Course à l’échalote

Les états-majors de parti ont mis un peu de temps à comprendre l’importance de la déflagration Publifin, d’autant qu’ils y étaient mêlés, d’autres diront… compromis.

MR et ECOLO pointent la "légèreté" du ministre Furlan qui ne savait pas mais qui aurait dû savoir, les libéraux feignant en outre ne rien connaître de cette structure (on attend toujours la réaction du président du MR liégeois… Daniel Bacquelaine). Le PS espère avoir sauvé son ministre des communes, souhaite voir Stéphane Moreau quitter le mayorat de Ans… ce qui ne changera rien à la situation puisqu’il restera au conseil communal, tirant les ficelles de la nébuleuse Nethys, placera un fidèle à la maison communale et aura toutes les chances d’être réélu confortablement en octobre 2018.

Tous annoncent des mesures "radicales", poussés par la trouille (PS en tête) d’un déferlement du PTB (qu’on entend peu) lors des prochains scrutins. Chacun tente de sauver ce qu’il peut, sur-jouant leur indignation.

Tout cela arrive trop tard. La confusion des genres, même plus réglementée aujourd’hui qu’hier, est restée trop présente.

Pour n’avoir mesuré l’ampleur du cumul néfaste des mandats, pour n’avoir pas su (voulu ?) encadrer plus activement les activités de certaines intercommunales, avec le populisme ambiant, les réveils démocratiques risquent d’être pénible.

@PhWalkowiak

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