Pourquoi l'enseignement flamand ne passe pas (encore) en code orange

Joyce Azar, journaliste à la VRT.
Joyce Azar, journaliste à la VRT. - © Tous droits réservés

Les codes de couleurs sont pour le moment au centre de l’attention au nord du pays. C’est notamment le cas dans le secteur de l’enseignement. Malgré la hausse actuelle du nombre de contaminations, le ministre en charge, Ben Weyts, refuse pour le moment de passer en code orange.

Jusqu’ici, et depuis le début de l’année scolaire, la quasi-totalité des écoles flamandes est en code jaune. Dans la pratique, ça veut notamment dire que les élèves de plus de 12 ans et le personnel de l’école doivent porter un masque, sauf pendant les pauses.

Mais face à l’évolution de la situation, de plus en plus de voix exigent un passage à la phase orange. Selon ce scénario, les élèves allant de la 3e à la 6e secondaire iraient en classe une semaine sur deux. Le reste des cours devrait alors se donner à distance. Pour les autres élèves, l’orange ne changerait pas grand-chose, mis à part un respect plus strict des bulles. Pendant la pause de midi par exemple, les enfants seraient invités à rester dans leur classe.

Le code jaune plus sûr que l’orange ?

Si la différence entre les deux phases n’est pas si énorme, pourquoi le ministre de l’Enseignement tient-il absolument à rester en phase jaune ? Il ne faut pas oublier qu’en mai dernier, Ben Weyts s’était véritablement battu pour la réouverture des écoles flamandes. Il va donc de soi qu’il veut aujourd’hui absolument éviter un retour en arrière.

Pour se justifier, le ministre rappelle que les règles sont globalement bien respectées dans les écoles, et qu’à l’heure actuelle, les contaminations restent limitées. D’après les derniers chiffres, qui datent d’il y a deux semaines, environ 680 instituteurs et 11.250 élèves ont été mis en quarantaine. Ça peut paraître beaucoup, mais en réalité, ce n’est que 0,94% du nombre total d’écoliers. Seules une dizaine d’écoles a dû fermer ses portes sur quelque 4000 établissements.


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Pour Ben Weyts, tout ça montre que le système en place fonctionne. Inutile donc de passer à l’orange qui serait, selon lui, plus dangereux. Car outre l’aspect pédagogique et le retard que les élèves risquent d’accumuler, le ministre estime qu’il est illusoire de penser que les jeunes qui sont invités à rester chez eux restent effectivement à la maison, surtout dans les villes. Garder les lycéens à l’école permettrait de maintenir les adolescents dans un environnement contrôlé.

Colère et indignation

Cette position est loin d’avoir plu à tout le monde. Le réseau des écoliers flamands est le premier à avoir réagi aux déclarations de Ben Weyts. Selon les représentants du secondaire, ses propos montrent un manque de respect et de confiance envers les élèves. Ils sous-entendent aussi que tous les jeunes ont tendance à ne pas suivre les règles.

Mais ce sont surtout les syndicats de l’enseignement communautaire que le ministre N-VA a fait bondir. Pour eux, Ben Weyts ne respecte pas les accords décidés avec le secteur avant la rentrée scolaire. Ils rappellent que la semaine de cours sur deux avait été conseillée par les experts, en situation de crise aiguë, notamment pour désengorger les transports publics.

Les syndicats de l’enseignement demandent donc au ministre de prendre ses responsabilités, et de mener le débat non pas dans l’opinion publique, mais bien dans le cadre de la concertation sociale. Et cette concertation, elle aura justement lieu ce mercredi, avec les différents réseaux de l’enseignement flamand. Un passage en force vers la phase orange ne serait pas exclu, d’autant que les nouveaux chiffres sur la situation dans les écoles flamandes sont attendus.

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