Politique: si vous avez aimé 2017, vous allez adorer 2018

Philippe Walkowiak
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Philippe Walkowiak - © RTBF

Si le réveillon de Nouvel An est traditionnellement considéré comme devant tourner une page, en politique, 2018 ne fera que reprendre le fil de l’actualité 2017.

La " trêve des confiseurs ", comme l’on disait dans les pages politiques d’il y a 30 ans, tombe à point cette fois pour permettre au gouvernement Michel et son improbable coalition de souffler un peu.

Le cas Francken

Jésuitiquement, le président du CD&V, Wouter Beke suggère que Theo Francken ferait mieux de démissionner et de rappeler que dans son parti, d’autres avaient fait de même dans des circonstances peut-être moins graves.

Au MR et chez Charles Michel, on tente d’assumer et de minimiser : ce n’est qu’un problème de communication, le secrétaire d’Etat (populaire par ailleurs) ne fait qu’appliquer la ligne fixée par le gouvernement et surtout on croise les doigts pour que le rapport ne soit pas accablant et quant au mensonge fait au Premier (bien plus gros que celui de Jacqueline Galant), il est choisi de faire " un gros semblant de rien ".

Cette affaire risque toutefois de plomber le mois de janvier de l’exécutif fédéral.

Pacte énergétique

En refusant le pacte énergétique négocié entre le fédéral et les Régions et en reportant le débat sur la sortie du nucléaire à la prochaine électorale, Bart De Wever réduit un peu plus les ambitions fédérales. En relayant les positions patronales, la N-VA ne fait aussi que rappeler une évidence : la Belgique a pris trop de retard dans le dossier de sortie du nucléaire pour que celle-ci soit crédible en 2025. Il restera toutefois à la coalition à assumer ce renoncement, cet accord gouvernemental à la poubelle (dixit Open-VLD). Juste un mauvais moment à passer, on fera juste semblant d’y croire… un peu.

Réformes

Depuis plus d’un an, cette même N-VA a imposé à l’agenda une baisse de l’impôt des sociétés (une réforme qui ne figure pourtant pas dans le susdit accord gouvernemental). CD&V et Open-VLD ont tenté d’obtenir d’autres réformes " à leurs couleurs " qui sont d’ordre plutôt symboliques… et d’ailleurs toujours pas votées à la Chambre, à la différence de la baisse de l’ISOC, trophée nationaliste.

Le gouvernement fédéral a fait des réformes socio-économiques le marqueur essentiel de son action. Va-t-il pouvoir poursuivre ? La N-VA va-t-elle bloquer les projets de ses rivaux flamands ?

Elections

Il ne loue à Anvers que pour pouvoir participer aux élections municipales avec la seule intention de m’intimider (om mij te koeioneren …sic…) considère Bart De Wever à propos du vice-premier Kris Peeters, tête de liste anversoise du CD&V aux communales du 14 octobre prochain.

Les échéances électorales guideront immanquablement les actions gouvernementales. Avec ses 8 bourgmestres en titre, ses 2 échevines, ses têtes de liste, l’équipe de Charles Michel aura bien d’autres chats à fouetter que de gérer l’état fédéral. Les rivalités entre les trois partis flamands qui chassent sur les mêmes terres électorales au centre et à droite peuvent déstabiliser tout l’équipage. La remarque vaut bien entendu pour les majorités fédérées.

Avec ses scandales et ses tensions multiples, 2017 a tracé un paysage politique particulièrement retors. 2018 et 2019 vont pouvoir s’y ébattre joyeusement… ou pas.

 

@PhWalkowiak

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