Politique : ce qu'il restera de 2019 (non-exhaustif)

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

Finalement, sous des dehors anodins, l’année politique 2019 en Belgique recèle de particularités inédites, voire historiques. Bien sûr, nous avons voté mais cela va bien au-delà des suites d’un scrutin multiple.

Affaires courantes

Jamais, la Belgique ne s’est retrouvée sans véritable gouvernement fédéral du 1er janvier au 31 décembre de la même année ! Cela fera même bientôt 400 jours (!) que le pays est en affaires courantes ; celles-ci " courent " depuis le 20 décembre 2018 (quand le roi a accepté la démission du déjà minoritaire gouvernement Michel) et personne ne sait quand on va les rattraper ! Mais tout cela n’inquiète plus grand monde.

Pour la première fois de son histoire, le gouvernement fédéral belge est dirigé par une femme. Bien entendu, Sophie Wilmès se limite à gérer le quotidien et doit son nouveau job plus à un concours de circonstances qu’à ses 16.180 voix de mai dernier.

Conséquence des affaires courantes : la Belgique entame 2020 sur une base budgétaire fixée à l’automne… 2017 quand a été concocté le budget 2018, prolongé de mois en mois depuis. Le pays connaît la plus longue période de budget provisoire depuis la guerre (forcément).

Enfin, autre première : jamais il n’a fallu attendre si longtemps avant que le Palais ne désigne un formateur de gouvernement. D’ailleurs, on attend toujours.

Tout cela ressemble à une crise politique, voire à une crise des institutions. Mais chuut…

Crise courante

Bien entendu, les gouvernements régionaux et communautaires fonctionnent. La Wallonie et la Fédération W-B ont renoué avec un modèle arc-en-ciel 20 ans d’âge, Bruxelles fait l’air de rien, de l’inédit et la Flandre reproduit la coalition antérieure, un coup de barre identitaire en sus.

Sur 2019, pratiquement tous les présidents de parti ont changé ! Bart De Wever devient même le doyen de la corporation.

Le gouvernement wallon a finalement été contraint d’agir là où ses prédécesseurs s’étaient toujours refusés à franchir la Meuse en tranchant (trop tard ?) dans le vif de l’affaire Nethys.

La Flandre se replie sur elle-même, tétanisée par l’ampleur prise par le Vlaams Belang.

Au niveau fédéral, le pays s’installe paisiblement dans la crise. Il paraît toujours impossible de mettre sur pied un gouvernement qui satisfasse nord et sud du pays. 2020 apportera-t-elle une solution ? Et comme souvent en Belgique, quand cela coince, on invoque une nouvelle réforme de l’état, sorte de mistigri censé apporter joie, paix et bonheur.

Comme si les précédentes avaient fonctionné

 

@PhWalkowiak

 

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