Personne pour gérer la catastrophe qui vient

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

Ce 25 juin, la Chambre a voté le budget de l’État fédéral pour les mois de juillet à octobre. Sur base du budget 2018, concocté à l’automne 2017 (sic). La Belgique ne dispose pas de budget 2020, comme elle ne disposait pas de budget 2019. Rien ne garantit que ce Pays puisse élaborer celui de 2021. Devant nous pourtant, la pire crise depuis la guerre.

Bureau du Plan

L’économie belge connaîtra cette année son pire recul depuis 1945. Le chômage va subitement passer de 8,9% à 11,5%, le déficit de l’ensemble des administrations publiques approchera cette année les 50 milliards €, 11,1% du PIB (la norme européenne est à 3%), la dette va bondir de 98% à… 121% du PIB, un recul brutal annihilant plus de 25 ans d’efforts, pourtant le plus souvent jugés insuffisants !

L’État a rempli son rôle, en recourant aux mécanismes mis en place (aides aux ménages, chômage économique, droits passerelles, etc.), sauvant ainsi une large part des pertes de revenus.

La dette de la Belgique explose, et personne n’est à ce stade capable de prendre les mesures pour gérer et garantir tant que faire se peut, l’avenir.

Le constat du Bureau du Plan est sans appel.

Gérer et accompagner les suites du Covid

Le Bureau du Plan l’annonce : le retour à la situation antérieure ne se produira qu’après 2024, 2025. Cela signifie que toute la législature, déjà entamée depuis plus d’un, s’imprégnera des conséquences sociales et économiques de la pandémie. Sans gouvernement fédéral à cette heure. Aux Régions et Communautés de suppléer, mais l’essentiel de la politique financière sociale se situe toujours à l’échelon fédéral.

Et à cet échelon, des missionnaires autoproclamés succédant à d’autres missionnaires autoproclamés cherchent toujours soit à marier PS et N-VA soit à comment faire en sorte de former un gouvernement sans les marier, quitte à tordre une nouvelle fois la plus élémentaire représentation démocratique. Si vous cherchez un quelconque plan apte à apporter quelques éléments de réponses au constat posé par le Bureau du Plan, ne cherchez plus, il n’y en a pas !

On apprend même que le CD&V en est toujours à exercer un chantage sur les négociations fédérales pour empêcher coûte que coûte qu’une majorité ne vote un texte dépénalisant et élargissant le droit à l’avortement, méprisant au passage les droits des femmes. Doublement minable.

La Belgique reste en panne de projets comme de perspectives.

Dans ce contexte, comment espérer une issue constructive, génératrice d’un filet d’espoir ?

@PhWalkowiak