Patron viré, grève annoncée… Mais que se passe-t-il donc à la VRT ?

Début de semaine difficile pour les employés de la VRT. Lundi, le ministre flamand des médias, Benjamin Dalle (CD & V) a en effet annoncé le licenciement du patron de la radio-télévision publique flamande.

L’exécutif flamand est désormais officiellement à la recherche d’un nouvel administrateur délégué pour la VRT. Le gouvernement de Jan Jambon a en effet mis Paul Lembrechts à la porte. L’ancien CEO, Leo Hellemans, qui était parti à la retraite en 2016, a été désigné pour lui succéder temporairement.

Les raisons officielles

Cela fait déjà un certain temps que la VRT est confrontée à une lutte de pouvoir au sein de sa direction. Au coeur de la querelle : le CEO et le comité de direction d’un côté, et de l’autre, le numéro 2 et directeur Média et Production, Peter Claes.

Le désaccord tournait principalement autour du nouveau contrat de gestion et des économies exigées par le gouvernement flamand. Fin 2019, Paul Lembrechts, soutenu par les autres directeurs, avait exigé le départ de Peter Claes. Une demande que le conseil d’administration avait refusé en bloc. Après l’intervention, sans succès, d’un médiateur externe, la situation avait mené à une rupture de confiance à la tête de la VRT. Ce lundi, l’exécutif flamand a donc décidé d’y remédier en renvoyant l’administrateur délégué.

"Paul Lembrechts n’a plus la crédibilité pour diriger le média public", a ainsi déclaré le ministre flamand des Médias, "c’est pourquoi un terme a été mis à son contrat de travail".

Les autres raisons

Paul Lembrechts n’avait pas de très bons contacts avec les politiques. La suspension du projet de construction du nouveau bâtiment de la VRT n’avait pas été appréciée, tout comme sa réaction face aux économies imposées au service public par le gouvernement Jambon. "Je ne veux pas être le CEO qui enterre la VRT", avait-il indiqué. Une déclaration qui avait fortement déplu.

"Putsch"

Les syndicats, tout comme de nombreux membres du personnel, se sont dit indignés mais aussi inquiets de la tournure des évènements. Lundi après-midi, juste après l’annonce du licenciement, une partie d’entre eux s’est réunie sous la tour Reyers pour dénoncer une démarche jugée "irresponsable".

Aux yeux du porte-parole du front du personnel "Iedereen VRT", le gouvernement flamand a plongé le média public dans une crise. Il souligne que cette "décapitation" intervient alors que les négociations pour le nouveau contrat de gestion sont sur le point de commencer. D’autres membres du personnel ont dénoncé un "putsch", qui selon eux permet aux responsables politiques d’avoir davantage à dire dans les décisions qui seront prises.

De nombreuses craintes

Au sein du personnel, Beaucoup se demandent si le prochain patron de la VRT s’opposera aussi fermement que Paul Lembrechts aux coupes budgétaires, d’autant que le nouveau CEO sera désigné par le gouvernement flamand.

Des inquiétudes règnent aussi autour du contrat de gestion, alors que l’accord gouvernemental prévoit que la radio-télévision publique doit s’atteler à servir l’identité flamande et à mieux assurer la neutralité du traitement de l’info.

Et après ?

Le CEO ad interim, Leo Hellemans, devra tout d’abord ramener le calme et la cohésion. Il devra aussi tracer les grandes lignes du prochain contrat de gestion, et préparer le terrain pour le nouveau patron de la VRT, qui sera le sixième administrateur délégué en 7 ans.

De leur côté, les syndicats ont appelé à une grève générale de 24 heures ce lundi 27 janvier pour dénoncer ce qu’ils qualifient d’ingérence politique. Ce jour-là, une programmation alternative sera sans doute diffusée en radio et en télé.

 

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