Patrick Dewael, au nom du grand-père

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

Sans doute, dans sa réflexion, Patrick Dewael, ancien président de la Chambre et président de celle-ci lors de la séance de prestation de serment, a dû intégrer son grand-père et l’issue tragique que celui-ci a connu.

Arthur Vanderpoorten a été sénateur libéral avant-guerre ; en mai 1940, il était ministre de l’Intérieur dans le gouvernement Pierlot, qu’il n’a pas suivi à Londres. Arrêté en France, déporté par les nazis, Arthur Vanderpoorten est mort au camp de concentration de Bergen-Belsen en avril 1945. Il avait 61 ans, soit à peu près l’âge aujourd’hui de son petit-fils qui ne l’a donc jamais connu. Mais Patrick Dewael ne s’en est jamais caché : le sort de son grand-père a forgé son opposition farouche aux idées d’extrême-droite, face au Vlaams Blok devenu Belang et même à certains moments face à la N-VA.

Banalisation

Dans une Flandre où les noms des collaborateurs sont plus connus que ceux des résistants, comme le faisait remarquer récemment l’historien Bruno De Wever, Patrick Dewael a toujours fait front face à l’extrême-droite et aux indulgents de la collaboration.

Respecté par tous les députés, il était la personne la plus indiquée pour empêcher que le Vlaams Belang ne transforme le " perchoir " de la Chambre en véritable tribune de son action politique.

Mais si la séance s’est formellement déroulée sans la moindre anicroche, il n’en reste pas moins que le Vlaams Belang et ses 18 députés élus démocratiquement pèseront dans les débats. Pour la première fois, l’extrême-droite constitue la troisième force politique de la Chambre. Les nationalistes la première. Et ces deux-là sont en train de négocier un programme pour le futur (?) gouvernement flamand. Banalement.

Trop poli pour …

Longtemps hors-jeu, le Vlaams Belang pèse comme jamais. Certes, le parti d’extrême-droite siège au Parlement ou dans les conseils communaux depuis bientôt 30 ans, participe aux émissions politiques mais a toujours été tenu derrière un " cordon sanitaire ". Désormais, la N-VA négocie avec ce parti, contribuant ainsi à le crédibiliser tandis que Theo Francken plaide pour la fin de cet " ostracisme " et la collaboration avec le Vlaams Belang.

A ce stade, en Flandre, tous les autres partis sont au balcon.

Et Patrick Dewael de rappeler que le Vlaams Belang, même relooké, n’est pas un parti comme les autres. Ses idées restent les mêmes, Dries Van Langenhove a été inculpé pour racisme et négationnisme.

Dans la famille de Patrick Dewael, on sait encore ce que ces " idées " peuvent déclencher.

@PhWalkowiak

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK