"Passengers", crise de couple dans l'espace

Hugues Dayez
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Hugues Dayez - © RTBF

La science-fiction a la cote en cette fin d’année à Hollywood. A côté du "spin off" de "Star Wars" ("Rogue One"), on a pu découvrir le brillant "Arrival" de Denis Villeneuve avec Amy Adams et voici qu’arrive "Passengers" de Morten Tydlum ("The Imitation game") avec Jennifer Lawrence et Chris Pratt.

L’action de "Passengers" se déroule dans un futur indéterminé. La Terre est devenue surpeuplée, et une importante société privée a réussi à coloniser une planète habitable dans une autre galaxie. La navette spatiale "Avalon" emmène à son bord 5000 passagers. Comme le voyage dure 120 ans, ceux-ci sont plongés en hibernation. Mais un pépin technique provoque le réveil de l’un d’entre eux, Jim, mécanicien, qui découvre avec effroi qu’il n’a passé "que" 30 ans dans ce coma artificiel, et qu’il lui reste 90 ans avant d’arriver à destination ! Après plus d’une année à tenter de trouver, sans succès, un moyen de retourner en hibernation, Jim décide de réveiller une belle passagère, Aurora, pour tromper sa solitude… Celle-ci va nouer une relation avec son partenaire de fortune, mais elle ignore qu’il est à l’origine de son réveil !

Le scénario de "Passengers", signé John Spaihts, était un des plus convoités dans le milieu hollywoodien depuis des années. On comprend l’appétit des producteurs : le point de départ du film et le dilemme existentiel du personnage principal sont passionnants. Le réalisateur norvégien Morten Tyldum parvient d’ailleurs très bien à faire ressentir la solitude et le désarroi de Jim à travers des décors gigantesques. (Il se permet aussi un clin d’œil à Kubrick avec un personnage de barman-robot qui évoque évidemment celui de "Shining"). Mais le début de "Passengers" est tellement fort que tenir la distance sur un film de deux heures est évidemment une gageure. La deuxième partie de "Passengers" se révèle dès lors un peu plus convenue, un peu moins surprenante que la première… Malgré tout, cette "love story de l’espace" contient suffisamment de scènes de bravoure pour valoir le détour.

American Pastoral

Adaptation du roman homonyme de Philip Roth, "American Pastoral" nous replonge dans l’Amérique des années 60. C’est le portrait d’une famille modèle : Seymour est un homme d’affaires marié à Dawn, ancienne reine de beauté. Mais leur bonheur s’effondre lorsque leur fille, en grandissant, rejoint un groupuscule d’extrême gauche anti-Guerre du Vietnam qui va basculer dans le terrorisme.

Ewan Mc Gregor incarne ce père dévoué et bien-pensant qui voit son univers s’écrouler quand sa fille lui échappe complètement… L’acteur écossais passe aussi pour la première fois derrière la caméra, et sa maîtrise de réalisateur est plus que prometteuse. Jennifer Connelly, hélas trop rare à l’écran, est magnifique, et Dakota Fanning fait ici un retour en force (alors que 2016 a surtout vu briller sa sœur cadette Elle). A la fois fresque sur les remous politiques des années 60 aux USA et drame intimiste, "American Pastoral", quoique de facture classique, a dès lors pas mal d’atouts dans son jeu…

Le cœur en braille

Du côté du cinéma français, il y a aussi un acteur qui repasse derrière la caméra, c’est Michel Boujenah, qui met en scène son troisième film, "Le cœur en braille". C’est l’histoire d’une petite fille musicienne, Marie, qui est en train de perdre la vue mais qui veut passer son examen de violoncelle… Pour l’aider à dissimuler son handicap, elle se lie d’amitié avec le cancre de sa classe.

Boujenah dirige cette "love story" enfantine au rouleau-compresseur : ça se voudrait charmant et touchant, mais tout est tellement surligné que ça devient vite terriblement horripilant. Au secours !

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