Ouf ! Le cumul est sauvé

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

Presque un mois de discussion sur la " bonne gouvernance " et finalement rien de concret… si ce n’est les éléments de langage fleurant bon la langue de bois sur des avancées ou les portes ouvertes

Tout ça pour ça… mais Benoît Lutgen peut enfin se consacrer à ce qui apparaît être finalement sa seule ambition : monter un gouvernement wallon sans les socialistes, sans trop se préoccuper de Bruxelles et de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Appâter

La réalité arithmétique étant ce qu’elle est, le président du cdH a besoin de partenaires bien au-delà du seul MR. Benoît Lutgen a longtemps cru que de nouvelles règles de bonne gouvernance suffiraient à amadouer les Verts réticents à l’idée de monter dans un gouvernement " de droite ". Pourtant en la matière, cdH et MR ont sans doute été bien plus loin qu’ils ne l’ont jamais fait, notamment sur la suppression des provinces. Mais le cumul des mandats et leurs émoluments restent ancrés dans la culture de ces partis, la fronde des députés-bourgmestres socialistes contre la tête de leur parti a sans doute aussi fait réfléchir.

Pour ECOLO, il était très clair que le parti ne monterait pas dans des exécutifs avant les prochaines élections. Si ils pouvaient paraître tentés au départ, les co-présidents ont vite ressenti que leur base n’en voudrait pas, des signes en ce sens sont remontés des fédérations et on sait que chez ECOLO, elles sont souveraines et pas toujours dociles.

Cette page-là est désormais tournée et la bonne gouvernance renvoyée dans les limbes.

Un gouvernement wallon, vite

Olivier Chastel et Benoît Lutgen vont à présent rapidement mettre la main à la constitution d’une nouvelle équipe à Namur. Pour le reste, on avisera mais pas sûr qu’en annonçant qu’ils discutent déjà du programme à mettre en œuvre en région bruxelloise et à la Communauté Française, ils trouvent rapidement des alliés.

Pour le président-député-bourgmestre de Bastogne, peu importe. Un mois après avoir débranché trois prises, il doit symboliquement en rebrancher une à Namur. Vite. Comme il ne reste qu’une année "utile" avant d’entrer en campagne électorale, on se contentera d’un programme resserré avec des mesures fortes aussi bien sur le plan économique, social ou de la restructuration des institutions publiques. Des mesures fortes, qui marquent les esprits et la rupture avec le socialisme … et qui serviront d’arguments pour la double campagne électorale 2018-2019.

Il restera aussi à amadouer DéFI, incontournable à Bruxelles. Olivier Maingain peut se permettre des exigences élevées… comme garder le PS à Bruxelles, la mise à l’écart de Joëlle Milquet et Alain Courtois ou d’imposer le décumul à la Flandre!

C’est le retour des jeux d’appareil et des stratégies de parti comme dans toutes bonnes négociations de "chez nous". Pour le changement des pratiques politiques, on verra plus tard. Une nouvelle répartition de portefeuilles attend au confluent de la Sambre et de la Meuse…

Le cumul est sauvé.

 

@PhWalkowiak

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