Oscars et Césars: Palmarès engagés contre le racisme et le sexisme

Retour sur la cérémonie des César et des Oscar, qui ont offert un palmarès engagé dans la lutte contre les violences sexistes et contre le racisme. Du côté des Oscar, « Green Book », l’histoire vraie d’un pianiste noir en tournée dans le sud ségrégationniste des Etats-Unis, a remporté dimanche l’Oscar tant convoité du meilleur film, et « Roma » du Mexicain Alfonso Cuaron a réussi un triplé lors d’une cérémonie célébrant la diversité. La soirée a par ailleurs récompensé des artistes issus des diverses minorités de la société américaine. C’est un autre film explorant les tensions raciales et la ségrégation qui a remporté l’Oscar du meilleur scénario adapté : « BlacKkKlansman », du réalisateur Spike Lee. Il a salué une académie des Oscars « qui ressemble plus à l’Amérique, plus diverse ». Il fait écho à la réalité de la condition des communautés afro-américaines aux États-Unis, confrontées aux discriminations, à la relégation sociale, et encore aujourd’hui aux violences policières. Un jeune homme noir endormi au volant de sa voiture sur le parking d’un fast-food aux Etats-Unis a été abattu d’au moins 25 balles par des policiers le mois dernier.

Du côté des César, les violences faites aux femmes étaient au cœur des récompenses

La diversité passe un peu au bleu, au blanc… cependant. Parmi les actrices nominées, il y avait Virginie, Cécile, Elodie ou Sandrine, toutes blanches. Quelques mois après la sortie du livre Noire n’est pas mon métier, où 16 actrices françaises dénonçaient le racisme régnant dans le cinéma, on mesure le chemin à parcourir pour faire évoluer l’imaginaire des productions françaises afin de mettre en lumière des talents invisibilisés. Lors de cette cérémonie, cependant, plusieurs films abordant les violences faites aux femmes ont été récompensés ; dans le sillage de #MeToo, comme « Jusqu’à la garde », de Xavier Legrand, qui a remporté le César du meilleur film. Le film aborde la question des violences conjugales, à travers le récit haletant d’un couple qui divorce. Le réalisateur a quant à lui rappelé, sur scène que les violences conjugales sont en hausse en France : « Depuis le 1er janvier 2019, 25 femmes ont été assassinées, ce qui veut dire qu’on est passé à une femme tous les deux jours, au lieu d’une femme tous les trois jours. ». Un fléau qui n’épargne pas la Belgique : en 2018, Stop Féminicide comptait 35 féminicides et 6 depuis le début de l’année, c’est plus que la France proportionnellement.

Une fausse note malgré tout lors de cette soirée des César

On s’est demandé si l’alcool n’avait pas coulé un peu trop en coulisse quand on a entendu Alice Belaidi et Lucien Jean-Baptiste au moment de remettre les César 2019 des meilleurs films d’animation : « L’animation est un milieu sans différence de salaires entre les acteurs et actrices, où un producteur n’a aucun geste déplacé, où l’on s’en fout d’être noir ou jaune ». C’était sans doute une boutade. Mais précisons qu’il y a quelques jours, le studio d’animation Disney-Pixar diffusait justement un court-métrage sur le sexisme, basé sur l’expérience personnelle de la réalisatrice Kristen Lester dans l’animation.

Une expérience qui est loin d’être unique si l’on se penche sur le Tumblr T’as pas d’humour qui regroupe des témoignages anonymes sur le sexisme ambiant qui règne dans le monde du cinéma d’animation. C’est gratiné. À quelques jours de la journée internationale des droits des femmes, on constate que la dénonciation des violences contre les femmes et du sexisme n’est plus le seul apanage du milieu féministe.

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