"On a toujours fait comme ça" (suite et toujours pas fin)

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

C’est un des grands classiques de la politique à la belge, en début de mandature communale et en fin de législature fédérale/régionale : le parachutage !

Pas de sport aérien, mais un sport bien répandu chez nous : la nomination politique partisane. La Lottizzazione des institutions publiques restent une pratique aussi décriée publiquement que pratiquée discrètement. La Belgique reste avant tout une particratie.

Marchandage légal

Petit à petit, les villes et communes désignent leurs bourgmestres et échevins... mais aussi les (très) nombreux représentants dans les conseils d’administration des intercommunales et autres asbl paracommunales ou instances supracommunales. Rien d’illégal, bien au contraire. Tout est réglementé et la clé D’Hondt passe par là. Cela oblige aussi tous les conseillers élus sur des listes pas ouvertement liées à un parti ( type Intérêts Communaux, Liste du Bourgmestre ou Foufnies en Mieux) de se rattacher à un parti. Cela concerne la grande majorité des conseillers communaux et rare sont ceux qui demeurent “sans étiquette”. Cette opération “bas les masques” permet aux partis de se répartir les mandats... et pas d’étiquette, pas de mandat ! Cela représentait près de 6000 mandats à se répartir !! Cette fois, affaire Publifin aidant, ce nombre va être réduit et il n’y aura par exemple, plus qu’un vice-président par structure.

Ces mandats représentent aussi un lot de consolation pour ceux qui n’ont pu décrocher un poste d’échevin. Une présidence d’une grosse intercommunale peut rapporter autant qu’un poste d’échevin.

Cela a longtemps permis de garantir un revenu d’appoint aux fidèles des partis pour très peu de travail. Les comités de secteur de Publifin en sont devenus le plus bel exemple où des président provinciaux de partis ont sciemment répartis des mandats inutiles à leurs affidés respectifs.

Tout cela se déroulera en toute transparence lors des premiers conseils communaux de janvier... après que les instances locales des partis se soient répartis les mandats en toute discrétion au préalable.

Marchandage masqué

Une fin de législature constitue aussi l’occasion de " caser " quelques fidèles. On ne sait pas de quoi l’avenir sera fait. En politique, les revers de fortune sont fréquents.

Le fédéral se prépare ainsi à un vaste marchandage. D’habitude, tout cela se fait dans la plus grande discrétion mais cette fois la directrice sortante de la Banque Nationale, Marcia De Wachter (étiquetée sic CD&V) a mis les pieds dans le plat : plus de femmes à la BN, c’en est trop ! Le CD&V poussait l’ex-ministre Steven Vanackere. Début de tollé et l’homme est aussi celui qui avait la responsabilité sur les avoirs libyens gelés et mystérieusement libérés. Et voilà, le Premier Ministre obligé de noyer ce mauvais poisson avec toutes les autres nominations en attente. Rappel : l’appartenance politique prime sur la compétence.

A quelques mois des élections, tout cela ne fait pas très " nouvelle culture politique ". Une certaine image de la Belgique éternelle…

 

@PhWalkowiak

 

Archive : JP 02/11/2018

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