On a déconfiné la N-VA

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

Les discours convenus du 1er mai passent et les promesses de lendemains qui chantent furent sans doute encore plus virtuelles que lors des éditions précédentes. L’avenir est incertain, les engagements restent en l’air. Demeure l’incertitude. Le déconfinement s’ébranle, la classe politique va bientôt retrouver ses errements. La pandémie demeurera une parenthèse, qu’il reste toutefois à refermer. Certains plus pressés que d’autres.

Pressé de déconfiner

Dans De Zondag, le président de la N-VA entend baliser le déconfinement politique et distribue bons (un peu) et mauvais (beaucoup) points. Une nouvelle fois, Bart De Wever en appelle au Parti Socialiste, une fois plus en le dénigrant.

Pas sûr que ce soit la meilleure manière de dresser une table des négociations. Le président nationaliste ressort l’image éculée du " bon Flamand " qui seul va payer les effets de la crise du coronavirus.

Mais plus largement, il place sa formation politique dans l’après-corona, déjà même dans l’après Wilmès, jugée trop faible, manquant de charisme. Zij heeft ook niet de power en niet het charisma voor sterk leiderschap.

Ce week-end a enregistré le début de la fin de Wilmès 2 ; plus personne (même le MR s’est ravisé) ne souhaite la prolongation des pouvoirs spéciaux au-delà du 27 juin. Sophie Wilmès, elle-même, s’y est publiquement résignée. Restera ensuite la délicate question de la confiance en ce gouvernement transitoire. La Première Ministre s’est engagée à reposer cette question de confiance en septembre au plus tard. Sera-ce dès juin ? Ouvrant (ou plutôt rouvrant) le champ des incertitudes. Juillet 2020 reprendrait alors le fil de juillet 2019.

 

PS-NVA, saison 2

Bart De Wever fait le pari suivant : Open VLB et CD&V ne pourront jamais s’accommoder d’un PS qui court après le PTB sans parler d’ECOLO. Ce constat établi, place à une large négociation avec le PS sur le confédéralisme, la population résignée, ne pourra qu’accepter cette échéance. Voilà la marche suivre selon le bourgmestre d’Anvers. Il a même déjà " déposé " ce qui ressemble déjà à un slogan de campagne : Vlaamse veerkracht, la résilience flamande. La N-VA entend organiser l’avenir mais pour cela, paradoxalement, Bart De Wever dit avoir besoin du PS, seul interlocuteur pour passer à ce confédéralisme auquel il aspire. Plus qu’un air de déjà-vu !! Le président nationaliste reste traumatisé par le revirement de Paul Magnette, le 16 mars dernier. Un accord déchiré à la hâte ?

A l’inverse, côté socialiste, on feint de ne pas entendre le président de la N-VA. Les socialistes restent sur une ligne très rouge que le 1er mai vient encore de confirmer. On reprend les mêmes et on recommence, encore et encore. Ce que d’aucuns appellent la "partie de jokari de la rue de la Loi" : plus loin ou plus fort, PS ou N-VA renvoient la balle, elle leur revient toujours.

La N-VA sort la première du confinement politique.

Mais avant de passer à autre chose, de replonger dans la crise institutionnelle, de penser à un budget 2021 apocalyptique, il faut débrancher la prise de Wilmès 2. Qui en prendra la responsabilité première face à l’opinion ?

 

@PhWalkowiak

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