Olivier Maingain: "La N-VA mine de l'intérieur l'avenir de ce pays"

Olivier Maingain dans "Jeudi en Prime"
Olivier Maingain dans "Jeudi en Prime" - © Tous droits réservés

Le président du FDF est remonté contre la N-VA. On le savait déjà mais ça se confirme. Ce jeudi soir, dans Jeudi en prime, il a accusé le parti nationaliste flamand de beaucoup de maux.

"L'affaire Linkebeek"

La semaine dernière, le bourgmestre non-nommé Damien Thiéry (MR) a été remplacé par le conseiller communal Eric De Bruycker. C'est la ministre flamande Liesbeth Homans (N-VA) qui a nommé ce dernier : nouvel épisode politico-communautaire dans la périphérie bruxelloise.

"C'est légal, c’est le résultat de la sixième réforme de l’État, on l’avait annoncé. On a donné les moyens juridiques au gouvernement flamand de mettre à mal la démocratie dans une commune de la périphérie. C’était prévisible (...) C'est pour ça que nous n'avons pas prêté notre concours à cette réforme de l’État".

Très vite, Olivier Maingain pointe le président de la N-VA. "Dans l'affaire de la périphérie, tout a été décidé par Bart De Wever, il l'a dit lui-même (...) Damien Thiéry s'est retrouvé en difficulté en sachant que ses nouveaux amis politiques l'ont mis dans la nasse de la N-VA".

Damien Thiéry, ex-FDF devenu MR, n'a clairement plus les faveurs de son ancien président. "Quand aujourd'hui, il dit "finalement, aux prochaines élections, je vais envoyer les convocations électorales en néerlandais, il met à néant le régime des facilités et il se trompe sur l'arrêt du Conseil d’État (...) il est en train de chercher une manière de faire plaisir à la N-VA et au gouvernement flamand. Qu'il fasse preuve de constance."

Mais alors quelle solution, dans ce dossier de Linkebeek ? Pour Olivier Maingain, il y en avait une : laisser Damien Thiéry faire fonction de bourgmestre en attendant les prochaines élections locales et respecter les règles européennes qui demandent que le collège local soit représentatif de la majorité des élus.

Dans cette affaire, Olivier Maingain pointe la responsabilité du Premier ministre, Charles Michel, mais surtout celle du chef de la N-VA, Bart De Wever, qu'il qualifie de "marionnettiste".

Une réforme fiscale d'une autre ampleur

Dans la suite de l'entretien, Olivier Maingain parle cette fois de "gouvernement De Wever-Michel" et le fait qu'il place d'abord "De Wever" n'est sans doute pas dû au hasard. "Ce gouvernement est en train de se tromper sur le plan des priorités économiques. Certes il fallait faire des réductions de cotisations de sécurité sociale pour soutenir la compétitivité des entreprises mais pas de cette manière, il fallait être plus sélectif, les porter principalement sur les bas salaires, comme le recommande le Bureau du Plan."

Pour lui, il faudrait une réforme fiscale différente. Par contre, Olivier Maingain l'affirme, il fallait bien reporter l'âge légal de départ à la retraite pour pouvoir financer la sécurité sociale. "Mais là encore, pas selon les modalités choisies par le gouvernement, pas en oubliant de définir les métiers pénibles (...) On est chaque fois dans la brutalité des mesures et c'est sans doute pour ça que le gouvernement n'a pas la confiance."

C'est là qu'il revient, une fois de plus, avec la N-VA. "Que le MR soit devenu discipliné et suiviste de la N-VA, tout le monde le constate (...) C'est un mauvais rêve. La N-VA est en train de miner de l’intérieur l’avenir de ce pays, qu’on arrête ça !" Et de donner en exemple les secteurs de la justice ou de la politique scientifique qui seraient affaiblis. "On impose des mesures budgétaires linéaires de manière absurde. On prépare les esprits à dire, à un moment donné," l'Etat belge ne fonctionne plus, transférons, dégageons, vidons " : c’est ça qui se prépare, ne vous y trompez pas."

Et le nouveau nom, c'est pour quand ?

Allez, en toute fin d'entretien, plus d'allusion à la N-VA. Fini. On a parlé popote interne. Le FDF va changer de nom, il va l'annoncer le 13 novembre prochain.

Le mot "francophone" devrait disparaître du sigle. "Vous nous entendrez encore plus fortement sur des choix socio-économiques comme je viens de le démontrer, en montrant notre différence entre une gauche assez conservatrice et une droite assez brutale, nous voulons incarner une troisième voix". Ça, Olivier Maingain l'a déjà dit souvent. Mais sur le nouveau nom, il n'a pas vendu la mèche.

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