Nouvelle guéguerre entre la N-VA et l'enseignement catholique flamand

Joyce Azar, journaliste à la VRT
Joyce Azar, journaliste à la VRT - © Tous droits réservés

A quelques jours de la rentrée scolaire, le débat sur la qualité de l’enseignement refait surface en Flandre. Une réforme du programme de 1e secondaire est en effet prévue dans les écoles catholiques flamandes. Et ce changement ne plaît pas à tout le monde. 

Le patron de l’enseignement catholique flamand, Lieven Boeve, l'a annoncé lundi dans les médias: dès septembre 2019, un nouveau cours sera introduit dans les classes de 1e secondaire. Avec pour intitulé " L’Homme et la Société ", il recouvrira des domaines tels que l’éveil aux médias, la gestion des outils numériques, ou encore l’ouverture à l’entreprenariat et au secteur économique.

Plus globalement, le cours abordera surtout la citoyenneté, à travers des sujets sociétaux et éthiques. Jusqu’ici, tout ça semble très honorable, sauf que pour ce faire, deux heures de cours par semaine seront supprimées de l’horaire: une heure d’art plastique, et une heure… de néerlandais. Et c’est là que ça coince. 

De nombreuses critiques

Les critiques n’ont pas tardé, en provenance notamment de certains experts, mais aussi, et surtout, de la N-VA. Il faut savoir que la Flandre a hérité d’une bien mauvaise note lors de la dernière étude internationale sur la compréhension en lecture, menée auprès des élèves de 4e primaire. Les Flamands sont en effet passés de la 8e à la 32e place entre 2006 et aujourd’hui.

Pour la N-VA, le néerlandais est dès lors la dernière matière dans laquelle il faut couper. Aux yeux du parti, la démarche du réseau catholique est " incompréhensible " et lance " un mauvais signal ". Mais selon Lieven Boeve, la critique n’a pas lieu d’être, puisque les écoles bénéficient encore de cinq heures optionnelles, des heures supplémentaires dans le cadre desquelles elles peuvent choisir les matières qui seront enseignées. Et le néerlandais en fait partie.

L'un des plus gros défis de l'enseignement secondaire en Flandre

Est-ce que cela va pour autant calmer les esprits? Pas si sûr quand on sait que la N-VA et l’enseignement catholique flamand se mènent une véritable guerre ouverte. Depuis un certain temps déjà, la formation de Bart De Wever tend à critiquer les mesures prises par le réseau catholique. C’était notamment le cas lorsque celui-ci a voulu créer des "écoles du dialogue" en ouvrant ses établissements aux autres religions.

Mais ce nouveau débat sur la suppression d’une heure de néerlandais en faveur d’un cours de citoyenneté est directement lié à l’un des plus gros défis de l’enseignement secondaire en Flandre, à savoir la modernisation des objectifs pédagogiques. Il faut savoir que ces objectifs, qui instaurent ce que les élèves doivent savoir et connaître, ont plus de 20 ans. La modernisation du 1e cycle vient d’être adoptée par le gouvernement flamand. Et c’est justement dans ce cadre que Lieven Boeve a annoncé les nouveaux changements d’horaire. Pour lui, c’est en effet sur le terrain que les décisions doivent être prises. Quant aux critiques, il estime qu’il s’agit ni plus ni moins d’une stratégie pour renforcer la main mise du pouvoir politique sur les réseaux d’enseignement.

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